Comment la RDC qui fait face à plusieurs défis notamment, social, économique et sécuritaire, pourrait-elle continuer à remplir son rôle régalien tout en étant en faillite ? La question est préoccupante avec la dernière annonce de la Banque centrale du Congo qui ne dispose pas de réserves de change suffisantes pour, non seulement couvrir durablement les besoins du pays en importation des biens, mais aussi pour faire face aux tensions inéluctables sur le taux de change.

Pour le banquier et économiste international Noël K. Tshiani, dans cet état des choses, il y aura sans doute l’incapacité de l’Etat à faire face aux imprévus. Il faut donc dégager les responsabilités et passer aux sanctions. La Banque centrale du Congo est au banc des accusés. Elle serait loin de s’imposer une gestion rigoureuse qui pourrait aider le pays à éviter de se retrouver dans une situation de faillite tout comme de surchauffe sur le marché des changes.

Les réserves internationales, arrêtées au 11 septembre 2020, ont chuté de 834,52 millions USD à 730,77 millions au 18 septembre 2020, soit une baisse de 103,75 millions USD en sept jours, indique un document de la Banque centrale du Congo. Ces réserves, arrêtées au 18 septembre 2020, représentent deux semaines et 6 jours d'importation des biens et services sur ressources propres.

Elles ont ainsi franchi un niveau inférieur au minimum requis, de 3 mois d'importations dans le cadre des critères de convergence macroéconomique de la SADC et du COMESA.

Avec le niveau actuel, le pays risque gros dès lors que la ligne rouge est franchie.

Inquiétudes face aux imprévus

Quelle est la conséquence directe à craindre ? La réponse est claire. C’est la faillite de l’Etat. Et dans son double rôle d’autorité monétaire et de caissier de l’Etat, la Banque centrale du Congo serait d’abord elle-même une des épines à la base des situations de faillite répétitive pour le pays. Sinon, elle devra davantage éclairer sur sa gestion et ses missions.

Pour le banquier et économiste international Noël K. Tshiani, dans cet état des choses, il y aura sans doute l’incapacité de l’Etat à faire face aux imprévus.

Cette situation grave qui met la République, en violation des standards internationaux (FMI, SADC…). Cet ancien candidat président de la République en 2018 fait remarquer qu’avec à ce jour, deux semaines et six jours des réserves de change, la RDC est en deçà des standards internationaux tant au niveau de la SADC qu’au niveau des institutions de Brettons Woods (FMI).

Il faudra ainsi s’attendre à l’incapacité de la Banque centrale du Congo à intervenir pour soutenir la valeur de la monnaie.

« Si le taux de change déraille sur le marché de change, la BCC ne sera pas à mesure, comme elle l’a fait tout récemment, d’injecter des devises sur le marché de change pour augmenter l’offre des devises étrangères par rapport à la monnaie nationale. Et comme les cambistes sont malins, cela aura comme conséquence, la chute vertigineuse de la monnaie nationale parce que les gens savent que la BCC n’est plus à mesure d’intervenir », a expliqué Noël Tshiani.

Et sans compter que la chute de la monnaie nationale implique l’augmentation des prix sur le marché des biens et services, la diminution du pouvoir d’achat de la population.

Dégager les responsabilités et sanctionner

Dans sa casquette d’expert, Noël K. Tshiani est tranchant sur la situation : « Il faut révoquer le gouverneur de la Banque centrale du Congo ». Pour cause : l’incapacité de la Banque centrale de faire respecter la règlementation de change.

« On dit que quand on a exporté, il faut rapatrier 60% de l’exportation. La Banque centrale du Congo n’est pas à mesure de faire ça. Elle ne propose pas des sanctions pour ceux qui violent la loi. Elle ne se fait pas entendre non plus », a-t-il regretté.

De l’avis de cet économiste, il ne suffira pas simplement de révoquer le gouverneur de la Banque centrale. Aussi, « il faut révoquer la haute direction de la Banque et restructurer celle-ci ». Ce serait ainsi, selon Noël K. Tshiani, une manière pour la RDC de rencontrer le préalable posé par le FMI pour la négociation du programme.

«Le FMI a employé le terme poli de restructuration de la Banque centrale. Une institution internationale ne peut pas dire à un Etat indépendant, révoquer telle personne. Restructuration, ça veut dire quoi ? Ce n’est pas simplement nommer les administrateurs et nommer les commissaires aux comptes. C’est changer la haute direction de la banque. Et si on remplit les critères, ces institutions peuvent nous octroyer l’aide budgétaire pour justement renflouer les devises étrangères, les réserves de change… », a-t-il déclaré.

Dans la foulée, c’est l’indépendance même de la Banque centrale qui est ignorée. La preuve, explique Noël K. Tshiani : « Quand le Premier ministre demande au gouverneur de la BCC de lui préparer un rapport sur les réserves de change, le rapatriement des devises… Mais c’est très grave. Ça veut dire que la BCC a cessé littéralement d’être une institution indépendante. On lui donne des injonctions parce qu’elle ne fait pas son travail».

Le Potentiel 

 

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