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  • Malgré la guerre à l’Est et l’arrêt du cobalt, la RDC affiche plus de 5,5 % de croissance
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Malgré un conflit armé persistant dans l’Est du pays et une suspension temporaire des exportations de cobalt en 2025, l’économie de la République démocratique du Congo continue d’afficher une résilience remarquable. Les projections des institutions internationales et nationales confirment une croissance du PIB réel supérieure à 5,5 % en 2026, après un rythme déjà solide de 5,5 à 5,7 % en 2025 et de 6,1 % en 2024.
 
Selon les services du Fonds monétaire international (FMI), à l’issue des revues de la Facilité élargie de crédit (FEC) et de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD), la croissance devrait atteindre 5,6 % en 2026. Le Comité permanent de cadrage macroéconomique (CPCM) se montre encore plus optimiste, anticipant 6,2 %. La Banque mondiale table, elle, sur une moyenne autour de 5,1 % sur la période 2026-2028. Dans tous les scénarios, la RDC reste l’une des économies les plus dynamiques d’Afrique subsaharienne.
 
Le cuivre, principal amortisseur face à la suspension du cobalt
 
Le moteur de cette performance reste le secteur extractif, qui représente une part dominante de la richesse nationale. En 2025, la production de cuivre a progressé d’environ 10,4 %, atteignant près de 3,4 à 3,5 millions de tonnes, un record historique. Cette dynamique a largement compensé l’impact de la suspension des exportations de cobalt, décidée en février-mars 2025 par les autorités pour lutter contre la surabondance d’offre mondiale et soutenir les prix.
 
Cette mesure, transformée ensuite en système de quotas à partir d’octobre 2025 (avec un plafond annuel de 96 600 tonnes pour 2026), a fait chuter les exportations de cobalt contenu à environ 44 000 tonnes en 2025, contre près de 200 000 tonnes l’année précédente. Les prix du cobalt ont, de leur côté, sensiblement rebondi. En 2026, les exportations de cobalt ont progressivement repris dans ce cadre contrôlé, tandis qu’une nouvelle interdiction des concentrés de cuivre et de cobalt (juin 2026) vise à forcer davantage de transformation locale et à capturer plus de valeur ajoutée sur le sol congolais.
 
Le secteur hors mines montre également des signes de reprise : construction, services, télécommunications, agriculture et industries manufacturières devraient croître autour de 5 % en 2026, contre 3 à 4,7 % précédemment.
 
Une guerre à l’Est géographiquement isolée de l’économie minière
 
Le paradoxe congolais est géographique. Le conflit, marqué par les opérations du M23 et l’insécurité dans les Kivus, pèse lourdement sur les populations (déplacements massifs, insécurité alimentaire, dépenses de sécurité accrues et pression sur les finances publiques). Pourtant, le cœur minier du pays — les provinces du Haut-Katanga et du Lualaba — reste largement épargné par les combats. La production de cuivre, de cobalt et d’autres minerais stratégiques n’a pas été interrompue de manière significative.Les institutions soulignent que les conséquences économiques du conflit se concentrent surtout sur certaines cultures d’exportation et le secteur financier local dans l’Est, sans remettre en cause la trajectoire globale. L’inflation a, elle, été fortement maîtrisée : passée de 11,7 % fin 2024 à environ 2,3 % fin 2025, grâce à une politique monétaire restrictive de la Banque centrale du Congo et à une appréciation du franc congolais.
 
Des perspectives favorables mais fragiles
 
La première émission d’un eurobond de 1,25 milliard de dollars en avril 2026, ainsi que les décaissements du FMI (plus de 348 millions de dollars récemment), apportent des ressources pour les infrastructures prioritaires. Les réserves de change se sont renforcées et la position extérieure s’améliore grâce aux termes de l’échange favorables (cuivre et or notamment).
 
Les risques restent toutefois importants : persistance du conflit à l’Est, épidémie d’Ebola, volatilité des prix des matières premières, tensions géopolitiques internationales (notamment au Moyen-Orient qui pourraient affecter les intrants miniers) et nécessité de diversifier l’économie pour réduire la dépendance aux mines. La Banque mondiale et le FMI insistent sur l’importance des réformes structurelles, de la mobilisation des recettes intérieures et des investissements dans le capital humain et les infrastructures.
 
En résumé, la RDC démontre une capacité exceptionnelle à croître au-delà de 5,5 % dans un environnement pourtant très difficile. Cette résilience, portée par le cuivre et une politique active de régulation du cobalt, offre une fenêtre d’opportunité. Encore faut-il que les fruits de cette croissance se traduisent davantage en emplois, en réduction de la pauvreté et en stabilité durable pour l’ensemble du territoire.
 
Pascal Kwilui

 

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