
Les autorités provinciales du Haut-Katanga ont officiellement lancé ce lundi les premières exportations d'or issues du circuit formel, marquant un tournant dans la lutte contre la fraude minière dans cette région riche en ressources.
Le gouvernement provincial s'est fixé une cible de 15 tonnes d'or à exporter légalement d'ici fin 2026, selon les déclarations du ministre provincial des Mines. Cet objectif s'inscrit dans le cadre du plan du gouvernement central visant à canaliser la production artisanale vers des circuits régulés. Les minerais seront achetés auprès des coopératives minières agréées permettant ainsi d'établir un système de traçabilité (bases de données, scellés, certificats).
L'Entreprise Générale du Cobalt (EGC), déjà active sur le cobalt, étend son mandat à l'or pour en être l'acheteur unique et exportateur officiel. Le but recherché est de Réduire la fraude (estimée à 90% de la production selon certaines ONG) et augmenter les recettes fiscale, de Lutter contre le financement des groupes armés via l'or illicite, d' Intégrer des milliers de creuseurs artisanaux dans l'économie formelle et surtout de Structurer la chaîne d'approvisionnement et les points de vente agréés. Les ONG locales accueillent positivement l'initiative mais demandent des garanties sur la transparence et la traçabilité réelle, et les Experts miniers soulignent l'ampleur du défi logistique et la nécessité d'offrir des prix compétitifs pour attirer les artisans hors du marché noir
Si l'objectif de 15 tonnes est atteint, cela représenterait environ 750 millions de dollars (sur la base d'un prix estimatif de 50 000 USD/kg), soit une manne significative pour les caisses de l'État et de la province. Cette initiative constitue un test crucial pour la capacité de la RDC à valoriser ses ressources minérales de manière transparente et bénéfique pour sa population.
Ce développement s'inscrit dans la droite ligne des réformes du secteur minier engagées par Kinshasa sous la pression des partenaires internationaux et des standards de l'Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE).
Nadine Kibau