
Une coalition d’organisations de la société civile (principalement en République démocratique du Congo - RDC) a lancé une alerte le 9 février 2026 concernant des risques sérieux de corruption liés au groupe Orion (plus précisément Orion Resource Partners ou Orion Critical Mineral Consortium) dans le secteur minier.
Cette alerte porte sur un projet impliquant une collaboration potentielle entre Glencore et Orion, avec un possible soutien financier de la DFC (Development Finance Corporation, l'agence américaine de financement du développement). Un mémorandum d’entente a été signé le 3 février 2026 à Washington entre Glencore et Orion, en lien avec une acquisition potentielle d’actifs miniers en RDC (notamment dans les minerais critiques comme le cuivre et le cobalt).
La coalition met en garde contre des risques élevés de corruption présentés par les sociétés impliquées. Elle appelle la DFC à faire preuve de prudence et à exercer une diligence raisonnable renforcée avant tout financement ou soutien.
Les arguments principaux s’appuient sur :
- Les antécédents de Glencore en RDC (notamment une condamnation aux États-Unis pour ne pas avoir empêché des faits de corruption impliquant son partenaire Dan Gertler).
- Les activités d’Orion en Afrique, particulièrement en Guinée : une enquête de 2025 menée par la PPLAAF (Plateforme pour la protection des lanceurs d’alerte en Afrique, membre de la coalition) accuse deux sociétés contrôlées par Orion (Alufer Mining et Bel Air Mining) de fraude, mauvaise gestion et corruption entre 2023 et 2024. Des soupçons incluent des tentatives de corruption d’officiels guinéens, de la pollution environnementale (déversements en mer), et des dettes impayées massives envers des fournisseurs.
Les entreprises impliquées (Orion, Alufer, Bel Air Mining) ont nié les allégations de corruption et affirmé appliquer des politiques anti-corruption strictes, parfois en commandant des enquêtes indépendantes. Cependant, la coalition insiste sur le fait que ces antécédents justifient une vigilance maximale pour éviter que des fonds publics ou internationaux ne soutiennent des opérations à haut risque de corruption.
Pascal Kwilu