
Le gouvernement de la République démocratique du Congo a officiellement reconnu, ce jeudi 5 mars 2026, l’existence de retards récurrents dans le paiement des salaires des agents et fonctionnaires de l’État. Cette admission a été faite à l’issue de la réunion du Comité de conjoncture économique (CCE), tenue à la Primature sous la présidence de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka.Selon le vice-Premier ministre en charge de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, qui a fait le compte-rendu de la réunion, ces décalages s’expliquent par des tensions sur la trésorerie de l’État. Parmi les causes principales :
- Le poids croissant de la masse salariale (qui a augmenté significativement ces dernières années),
- Les dépenses prioritaires liées à la sécurité et à la défense dans le contexte de la guerre à l’est (agression rwandaise via le M23/AFC),
- Les engagements humanitaires consécutifs à la crise dans les provinces orientales.
- Renforcement de la mobilisation des recettes publiques (impôts, taxes, redevances),
- Meilleur contrôle des dépenses pour soulager la trésorerie,
- Amélioration de l’organisation du circuit de paiement.
Le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde, avait déjà affirmé dans des déclarations antérieures que l’État disposait des moyens nécessaires et que les salaires seraient intégralement payés, rejetant les allégations de difficultés de trésorerie pure. Un audit de l’état liquidatif de la paie publique, ordonné par le président Félix Tshisekedi en février 2026, est également en cours pour assainir le système.Cette annonce intervient dans un climat économique tendu, marqué par les pressions sécuritaires et les engagements avec le FMI pour une gestion plus disciplinée des finances publiques. Des mises à jour sur le démarrage effectif des paiements en retard ou sur l’impact des mesures annoncées sont attendues dans les prochains jours.
Alain Lusanga