La Zambie, en lourd déficit encore aggravé par la pandémie de Covid-19, est en mesure d'honorer seulement une partie du remboursement de sa dette et a donc délibérément choisi de ne payer aucun créancier, a déclaré, ce jeudi 19 novembre, la Banque centrale du pays. « Ce n'est pas que nous ne pouvions pas payer », a expliqué lors d'une conférence de presse à Lusaka le gouverneur de la Banque centrale zambienne, Christopher Mvunga, précisant que le pays était en mesure de rembourser 36 millions d'euros. « Nous ne paierons aucun créancier et nous les traiterons tous de la même manière », a-t-il déclaré, arguant que « tous les créditeurs doivent être traités équitablement ».

 

La Zambie, un cas d'école ?

Alertant sur une situation macroéconomique et fiscale « très difficile », le pays d'Afrique australe avait demandé fin septembre à ses créanciers internationaux une suspension de six mois du paiement des intérêts de trois eurobonds (euro-obligations) à partir du 14 octobre.

Cette date correspondait à une échéance de paiement prévue dans le cadre du remboursement d'une obligation en euros de 750 millions de dollars qui arrive à échéance en 2022. Le moratoire a été rejeté par les créanciers.

Pays aux ressources limitées, la Zambie a accumulé une dette extérieure de 12 milliards de dollars, dont la moitié vient de créanciers privés, selon l’agence de notation S&P. Presque un quart est dû à des prêteurs chinois.

La Banque africaine de développement (BAD) a évalué la dette publique zambienne à 80 % de son PIB en 2019, contre 35 % à la fin 2014.

Fin octobre, S&P avait estimé que la Zambie ne pouvait plus honorer les échéances de remboursement de sa dette, reléguant ainsi la note de solidité financière du pays dans la catégorie défaut de paiement.

Deuxième producteur africain de cuivre, qui a pâti de la chute du cours de certains métaux, la Zambie devrait voir son produit intérieur (PIB) brut reculer de 4 % en 2020 après + 1,7 % l'année dernière et + 4 % en 2018. La croissance du PIB par habitant, elle, va plonger de 6,7 % cette année.

La pandémie du Covid-19 n'a fait que pousser davantage de nombreux pays africains au bord du gouffre. La dette de l'Angola, par exemple, devrait dépasser 120 % de son PIB d'ici à la fin de cette année. Le ralentissement de l'activité économique provoqué par la pandémie et, en particulier, la baisse des prix des matières premières – notamment du pétrole – ont non seulement entravé diverses économies africaines, mais ont simultanément dévalué leurs devises par rapport aux devises (dollar, euro, yuan) par lesquelles la dette doit être remboursée.

Éviter la catastrophe

« Techniquement, ils sont en défaut, mais, officiellement, cela doit être déclaré par un comité spécial composé d'analystes de crédit des principales banques d'investissement », explique à l'AFP Robert Besseling, directeur d'une société de conseil en risques politiques et économiques basée en Afrique du Sud, EXX Africa.

« Ce n'est plus un secret pour personne qu'il y a un défaut » renchérit l'économiste indépendant Mambo Hamaundu à Lusaka, joint par l'AFP.

Selon les spécialistes, la Zambie n'aura pas beaucoup d'autres choix que de faire marcher la planche à billets pour acheter plus d'obligations. Le risque : hausse de l'inflation et une monnaie qui s'effondre.

« La Zambie s'oriente vers un scénario similaire à ce qui s'est passé au Zimbabwe », met en garde Robert Besseling.

Pour l'instant, le gouvernement zambien tente encore de négocier avec ses créanciers. Le ministre des Finances, Bwalya Ngandu, a déclaré mercredi au Parlement demander de continuer les négociations pour un rééchelonnement du remboursement, « malgré leur décision de refuser de suspendre la dette ».

« Il est généralement admis que l'impact du Covid-19 a été ressenti dans le monde entier et il y a un consensus général sur le fait qu'il devrait y avoir une suspension de la dette pour les pays les plus touchés », a souligné Christopher Mvunga.

Pays aux ressources limitées, la Zambie est un des principaux débiteurs de la Chine, à qui elle doit officiellement environ trois milliards de dollars, entre six et neuf milliards, selon les spécialistes.

Le G20 a dévoilé la semaine dernière une feuille de route pour la restructuration de la dette de 38 pays africains dont l'économie a été ravagée par le coronavirus. La Zambie a demandé la suspension de sa dette dans ce cadre. « La meilleure option serait une annulation de la dette », a déclaré à l'AFP la directrice de l'ONG ActionAid, Nalucha Nganga, en Zambie. Et il y a urgence, en 2021, les pays africains devraient verser 18 milliards d'euros à des créanciers privés qui seront probablement encore moins disposés à restructurer leur dette.

 

Le Point

 

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