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Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) a lancé, ce 11 avril 2026, une vaste opération nationale de contrôle et de traque contre l’emploi irrégulier des travailleurs étrangers. À travers un communiqué officiel daté du 10 avril 2026 et signé par le ministre de l’Emploi et du Travail, Ferdinand Massamba wa Massamba, les autorités congolaises annoncent le déclenchement immédiat d’une campagne renforcée et ciblée visant à mettre fin aux pratiques frauduleuses observées dans de nombreuses entreprises opérant sur le territoire national. Le ministre dénonce avec fermeté la persistance de ces dérives malgré l’existence d’une réglementation claire et stricte en matière d’emploi des expatriés. Selon le texte du communiqué, de nombreuses sociétés continuent d’embaucher des travailleurs étrangers sans obtenir l’autorisation préalable requise, notamment la carte de travail délivrée par la Commission nationale de l’emploi des étrangers, ou encore de les placer à des postes qui sont légalement réservés en priorité aux nationaux congolais.
 
Ces pratiques, jugées illégales, privent de nombreux jeunes Congolais d’opportunités d’emploi dans un contexte où le chômage reste élevé et où la priorité doit être accordée à la main-d’œuvre locale.Cette opération s’inscrit dans une politique plus large initiée par le gouvernement pour protéger le marché de l’emploi congolais et garantir le respect scrupuleux de la législation du travail. Elle fait suite à d’autres mesures récentes prises par le ministère, telles que l’octroi d’un moratoire de 30 jours à certains services privés de placement en situation irrégulière ou encore l’instauration de nouvelles règles encadrant la publication des offres d’emploi sur tout le territoire national, avec obligation de visa préalable de l’Office National de l’Emploi (ONEM).Concrètement, les inspections seront menées sans préavis et de manière intensive sur l’ensemble des provinces du pays. Les équipes de contrôle du ministère de l’Emploi et du Travail, en collaboration avec d’autres services compétents, procéderont à des vérifications approfondies dans les entreprises des secteurs les plus concernés, notamment les mines, l’agriculture, la construction, les services, le commerce et l’industrie extractive, où le recours à la main-d’œuvre étrangère est parfois important. Le communiqué rappelle solennellement que toute embauche d’un travailleur expatrié sans autorisation préalable constitue une infraction administrative grave. Les entreprises reconnues en violation s’exposent à des sanctions immédiates et sévères, parmi lesquelles :
  • l’expulsion administrative des travailleurs étrangers concernés ;
  • la suspension partielle ou totale des activités de l’entreprise ;
  • d’autres mesures administratives et financières prévues par la loi.
Cependant, plusieurs sources indiquent que les autorités ont accordé un délai de grâce, souvent évoqué à 30 jours, permettant aux employeurs de régulariser rapidement la situation de leurs employés expatriés en déposant les demandes d’autorisation nécessaires. Passé ce délai, les contrôles deviendront encore plus stricts et les sanctions seront appliquées sans indulgence.Cette initiative intervient dans un contexte où le gouvernement de la RDC, sous la présidence de Félix Tshisekedi, met l’accent sur la création d’emplois décents pour les Congolais et sur la lutte contre toutes formes de contournement de la législation nationale. Le ministre Massamba insiste sur le fait que le pays reste ouvert aux compétences étrangères lorsqu’elles sont indispensables et qu’elles respectent les procédures légales, notamment en matière de quotas et de transfert de savoir-faire aux nationaux. Mais il est hors de question de tolérer plus longtemps les abus qui pénalisent la jeunesse congolaise.
 
Les employeurs sont donc vivement invités à procéder sans tarder à un audit interne de leurs effectifs, à vérifier la conformité de chaque contrat de travail d’expatrié et à se mettre en règle auprès des services compétents du ministère. Les travailleurs étrangers en situation régulière n’ont, quant à eux, rien à craindre, à condition que leur présence réponde aux critères légaux.Cette traque nationale suscite déjà de nombreuses réactions dans le milieu des affaires et parmi les communautés d’expatriés. Certains y voient une mesure nécessaire pour rééquilibrer le marché de l’emploi, tandis que d’autres craignent un impact sur certains investissements étrangers. Le ministère assure cependant que l’objectif n’est pas de décourager les investisseurs, mais plutôt d’encadrer mieux leur contribution afin qu’elle profite véritablement au développement du pays et à sa population. Si cette opération se poursuit comme annoncé, elle pourrait marquer un tournant dans la gestion de l’emploi des étrangers en RDC et renforcer la souveraineté du pays sur son marché du travail.
 
Patrick Kiwewa

 

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