
En République Démocratique du Congo, selon les données publiées par la Banque Centrale du Congo (BCC) et relayées par des sources spécialisées en février 2026, le secteur bancaire a affiché une dynamique notable d’intermédiation financière au cours de l’année 2025. Les banques commerciales ont accordé un volume total de nouveaux crédits de 2,053 milliards USD (soit environ 2,05 milliards USD) aux ménages, aux entreprises et aux institutions publiques. Ce montant dépasse les nouveaux dépôts collectés auprès des mêmes agents économiques, qui se sont élevés à 1,656 milliard USD (environ 1,65 milliard USD). Ces chiffres correspondent aux flux annuels de crédits octroyés et de dépôts captés durant l’année 2025, et non à l’encours total cumulé du bilan bancaire.
À titre de comparaison, l’encours brut des crédits bancaires (stock total) atteignait 10,266 milliards USD à fin décembre 2025, en progression de 20,2 % sur un an, tandis que l’encours global des dépôts bancaires se situait autour de 16,241 milliards USD à la même période. Cette situation où les nouveaux crédits dépassent les nouveaux dépôts indique que les banques ont financé davantage d’activités économiques qu’elles n’ont capté de ressources fraîches en dépôts cette année-là, reflétant une poursuite de la croissance du crédit malgré un contexte d’inclusion financière encore faible. Avec une population estimée à environ 100-110 millions d’habitants en 2025, les 2,05 milliards USD de crédits accordés représentent en moyenne seulement une vingtaine de dollars par habitant, soulignant le niveau limité d’accès au crédit formel et de bancarisation en RDC par rapport à d’autres pays d’Afrique subsaharienne. Ces statistiques mettent en évidence à la fois le potentiel de développement du secteur bancaire congolais et les défis persistants liés à la mobilisation de l’épargne, au coût élevé du crédit et à l’approfondissement financier global du pays.
Alain Lusanga