Plus de planche à billets, dépenses sur base caisse, réforme du système fiscal en chantier, relance de la production agricole... autant de grandes lignes de la conférence de presse co-animée samedi par le ministre des Finances et le Gouverneur de la BCC
* Par ailleurs, l’argentier congolais annonce des sanctions contre les opérateurs économiques qui n’auront pas respecté la structure des prix.

Autant l’hirondelle annonce le printemps, autant Henri Yav ne parle, au nom du Gouvernement, que quand le pays traverse une situation particulière. Et, le contexte économique actuel de la RD Congo en est un. Voilà pourquoi, le ministre des Finances a fait le point de la santé actuelle du Fc. C’était au cours d’une conférence de presse qu’il a co-animée avec le Gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC), le week-end dernier dans son cabinet. 

C’est donc un Henri Yav qui s’est privé d’heures de loisir, pour se concentrer sur une matière qui procède de la survie même de l’économie nationale. Alors que le pays entier attendait le go du derby Léopards - Diables Rouges, l’argentier rd congolais et Déogratias Mutombo, réunissaient un parterre de professionnels de médias pour parler Franc congolais. 
« Il n’y aura plus de dépréciation du Franc congolais. Le Gouvernement s’est engagé à tout mettre en œuvre pour stabiliser le franc congolais (Fc). Ce, au travers d’une série de mesures en faveur de la mobilisation des recettes internes et de la relance de la production nationale »,rassure le ministre des Finances. 
La devise nationale ayant atteint des niveaux de dépréciation inquiétants, par rapport au dollar américain aux mois de juin et juillet passés, il est donc légitime que le ministre en charge des Finances ainsi que le Gouverneur de la Bcc portent à la connaissance aussi bien des partenaires financiers extérieurs que de la population congolaise, des efforts fournis par le Gouvernement pour atteindre les résultats actuels. La moyenne mensuelle des taux de change des cambistes, ayant atteint 1.707,34 Fc pour un dollar US, stabilisée depuis début août à 1. 560Fc le dollar, est-ce déjà l’embellie ? Qu’est-ce qui justifie cette situation, quand on sait qu’au cours des mois de juin et juillet deniers, le taux de change variait presqu’au quotidien ? Quelle est la formule magique utilisée par l’Exécutif pour contenir le niveau d’inflation et le taux de change ? 

ARRET PROGRESSIF DE LA DEPRECIATION

La dépréciation continue du Franc congolais avait inquiété plus d’un. Le Président de la République dans son message à la nation, via le parlement réuni en congrès au mois d’avril dernier, Joseph Kabila fut le premier à sonner la sonnette d’alarme. Aussi, avait-il exhorté le Gouvernement à se mobiliser afin d’arrêter cette dégringolade du Franc congolais sur le marché de change. 
« Aujourd’hui, cette mobilisation commence à donner des résultats encourageants et que, quoi qu’il faille intensifier et poursuivre les efforts déployés, on peut raisonnablement entrevoir l’arrêt progressif de la dépréciation et une stabilisation de la valeur de notre monnaie nationale », se réjouit le ministre Henri Yav Mulang. Loin des deux orateurs, l’intention de célébrer une quelconque victoire. Bien au contraire. La rencontre de samedi dernier avec la presse, a été l’occasion d’édifier l’opinion sur le niveau d’exécution, par le Gouvernement, des mesures prises sous l’impulsion et avec les orientations personnelles du Chef de l’Etat.
La stabilité de la monnaie et des prix des biens et services étant le résultat d’une bonne coordination des politiques budgétaires et monétaires, quel est l’impact réel de la mise en œuvre des mesures prises par l’Exécutif national, sur la santé de la monnaie nationale ? Voilà, la question principale sur laquelle Henri Yav Mulang et Déogratias Mutombo se sont succédé au micro. Le premier a axé sa communication sur la gestion des finances publiques et la relance de la production nationale. Par contre, le second conférencier a exposé sur la politique monétaire. 
Méthodique, le ministre des Finances a commencé par présenter une brève historique de la dégradation de la situation économique et financière du pays. Celle-ci, rappelle-t-il, a commencé dès le début du second semestre de l’année 2015. Ce, sous la conjonction, d’une part, du choc externe provoqué par le ralentissement de l’activité économique mondiale à l’origine de la chute des cours mondiaux de principaux produits d’exportation du pays. Et, d’autre part, du choc interne lié au caractère extraverti et peu diversifié de l’économie du pays. A cela se greffe un certain attentisme des opérateurs économiques et des investisseurs depuis 2016 .
Selon le ministre, cette dégradation économique s’est traduite par le ralentissement du taux de croissance du Produit intérieur brut (PIB) réel. Celui-ci est passé de 9,5% en 2014 à 6,9% en 2015 et à 2,4% en 2016. « Parallèlement, le taux d’inflation annuel, naguère contenu autour de 1% à la même période 2014-2015 a augmenté pour atteindre 23,6% en 2016. Les conséquences immédiate de ce mauvais comportement de principaux indicateurs macroéconomique a été la révision, par le Gouvernement, du Budget de l’Exercice 2016 », explique l’argentier national. 
Cependant, le ministre souligne que malgré le vote d’une loi des Finances rectificative, l’Exécutif national a eu à faire face, tout au long de l’année 2016, à une baisse draconienne des recettes publiques et à la pression des dépenses contraignantes. A savoir, les rémunérations, les dépenses de sécurité et de souveraineté, le paiement de la dette extérieure, le fonctionnement des institutions, sans oublier les engagements liés au processus électoral. Les experts se trouvent donc là, face à une situation d’inadéquation entre les ressources internes, de plus en plus faibles, et des dépenses restées constantes, voire en fausse. Comme résultat, cette situation d’inadaptation a occasionné un important déficit dans l’exécution du Budget 2016. Ce, malgré des efforts de compression des dépenses entrepris pendant l’année et qui ont permis, au cours de certains mois, de réaliser des excédents de trésorerie.
Compte tenu du mauvais résultat enregistré dans l’exécution du Budget 2016, et pour éviter une détérioration davantage prononcée du Franc congolais, le ministre des Finances atteste que le Gouvernement avait décidé dès janvier 2017, de resserrer plus l’exécution du Budget, en se fixant comme objectif mensuel Zéro déficit ou dans l’impossible, un déficit réduit et facilement compensable avec d’éventuels excédents des mois qui devaient suivre. 
Cependant, devant l’accélération de la dépréciation de la monnaie nationale, constatée de fin juin à mi-juillet 2017, en dépit d’une gestion maîtrisée des Finances publiques, l’Exécutif national n’a pas eu d’autres choix que de suspendre la quasi-totalité de paiements pour calmer le marché et, ainsi envisager d’autres mesures nécessaires à une stabilité durable u Franc congolais. 
Que le taux de change actuel soit ramené à 1.550 Fc le dollar contre 1.700 Fc en juillet dernier, le Gouvernement n’entend pas dormir sur ses lauriers. Il considère plutôt cette relative accalmie ne suffit pas. « Au-delà de la politique d’ajustement budgétaire, il faut poursuivre les efforts pour asseoir une monnaie forte », renchérit le ministre des Finances. 

FINIE LA PLANCHE A BILLETS

Comme le ministre des Finances, le Gouverneur de la BCC, a attribué la dépréciation du Franc congolais à la baisse des cours des matières premières sur le marché international. Cependant, il rassure que l’ajustement budgétaire fonctionne à merveille. Quid du recours à la planche à billets ? 
A cette question de la presse, Henri Yav Mulang se veut précis. « On ne recourt pas à la planche à billets quand on a un déficit et qu’en même temps, on a des réserves budgétaires. Le pays ayant épuisé toutes ses réserves budgétaires depuis dernière, il était normal de recourir à la politique de planche à billet, étant donné que tout déficit budgétaire entraîne un financement monétaire », réplique l’argentier national. Complétant le ministre des Finances, Déogratias Mutombo rassure que « la dépréciation du Franc congolais par la planche à billets est désormais à oublier ». 
A une préoccupation de la presse sur l’état des relations actuelles RDC-FMI, le ministre des Finances coupe court à la spéculation : « Les relations sont très bonnes. Les consultations sont très régulières. Après la lettre de Mme Lagarde en mars dernier, une Mission du Département Afrique du FMI conduite par M. Mario, était venue à Kinshasa en juin dernier. Nous avons travaillé avec la Mission. Cette dernière a mis en évidence le fait que la RD Congo a été très secouée par la baisse des cours des matières premières et que cela avait une incidence négative sur les recettes de l’Etat et a débouché sur une situation critique connue par tous. Et, en même temps, la Mission du Fmi avait félicité le Gouvernement congolais pour les efforts consentis afin de contenir la dépréciation du Fc et le niveau d’inflation en la même période (fin juin). La RD Congo étant membre de la Communauté financière internationale, le Gouvernement et que la Mission du FMI, avaient convenu que le pays pourrait accéder à des resources dans le cadre des facilités des crédits rapides. Des négociations se poursuivent. Il y a une mission prévue en septembre prochain. Mais, pour des raisons l’échéance a été décalée. Mais, nous sommes en contact étroit à ce sujet pour que le moment venu, nous soyons tous fixés ».
Qu’en est-il des contentieux fiscaux qui se chiffreraient à hauteur d’1 milliards de Fc le mois ? A cette question le ministre Henri Yav Mulang laisse la responsabilité des chiffres à l’auteur de la question. Ce que je peux préciser, dit-il, c’est que les contentieux qui sont en Justice, comme nous n’avons pas une emprise sur certains, dès lors que la Justice est saisie, nous attendons. « Mais en ce qui concerne les autres contentieux, les responsables de nos régies financières ont été instruits pour que progressivement, nous arrivions à les liquider, soit par des accords transactionnels, soit par des négociations au regard des lois et des mémos ».

LA PAIE TARDIVE DES AGENTS ET FONCTIONNAIRES DE L’ETAT : UNE STRATEGIE
La dépréciation du Fc congolais s’est fait accompagner du non-paiement des salaires du mois de juillet, des agents et fonctionnaires de l’Etat. Comment expliquer cette situation ? Selon le ministre, ce décalage de la paie fait partie de la série des mesures prises par le Gouvernement pour éviter de déverser, en un coup, une importante masse salariale sur le marché. Désormais, la paie des agents et fonctionnaires de l’Etat se fera de manière progressive. « Pour le mois de juillet, la paie a été effective. A ce jour, tous les agents et fonctionnaires de l’Etat ont été payés. La paie du mois d’aout est en cours et même exécutée à 50%. »
« Le Gouvernement doit respecter et éviter d’aller droit vers un déficit intra mensuel qui peut parfois avoir une incidence négative sur la situation du taux de change. Au jour d’aujourd’hui, nous ne sommes pas en déficit en ce qui concerne le Plan de trésorerie. Celui-ci restera toujours excédentaire », rassure le Gouv de la BCC, Déogratias Mutombo. 
Pourquoi l’affermissement du franc congolais ne s’accompagne-t-il pas de la baisse des prix des biens et services sur le marché ? Pourquoi n’a-t-on pas pensé à associer le ministre du Commerce à la rencontre de samedi avec la presse ? A cette question, le ministre Henri Yav répond sans le moindre détour. « Au niveau du comité stratégique, il est prévu que des contrôles soient diligentés au niveau des opérateurs économiques pour s’assurer que la baisse du dollar a une incidence effective sur les prix des produits sur le marché. Ce que nous ne voulons pas, que ces contrôles du reste régis par les textes, puissent revêtir un caractère tracassier ? Mais nous voulons aussi vous assurer que du côté des opérateurs économiques, ils jouent franc-jeu. Les contrôles se feront normalement et des sanctions seront prises contre les opérateurs économiques qui ne respecteront pas la structure des prix et toutes les opérations liées à la baisse du dollar pour les produits importés », a encore déclaré le ministre des Finances. 
Grevisse KABREL

MOT D’INTRODUCTION DU MINISTRE DES FINANCES 

Mesdames, Messieurs de la presse,
Je voudrais, avant tout, vous remercier, d’avoir répondu nombreux à mon invitation à participer à cette conférence de presse.
Au nom du Gouverneur de la Banque Centrale du Congo, avec qui je vais co animer cette conférence de presse, en mon nom propre, je souhaite, aux uns et aux autres, la bienvenue au cabinet du Ministère des Finances.
Comme vous pouvez bien vous en douter, les récentes variations de notre monnaie nationale, dont les premiers signes de dégradation ont commencé à se manifester dès les premiers mois de l’année 2016, n’ont pas manqué d’inquiéter et de susciter des commentaires au sein de l’opinion.
Les niveaux de dépréciation du Franc congolais, par rapport au dollar américain, spécialement atteints aux mois de juin et de juillet derniers ont préoccupé plus d’un, à commencer par le Garant de la Nation Lui-même, j’ai cité le Président de la République, Chef de l’Etat, Son Excellence Joseph KABILA KABANGE, qui a immédiatement sonné l’alerte et mobilisé, le Gouvernement afin d’arrêter cette dépréciation, une des sources de l’inflation et de chercher à stabiliser la monnaie nationale.
Aujourd’hui, vous reconnaîtrez avec moi que cette mobilisation commence à donner des résultats encourageants et que, quoiqu’il faille intensifier et poursuivre les efforts déployés, on peut raisonnablement entrevoir l’arrêt progressif de la dépréciation et une stabilisation de la valeur de notre monnaie nationale.
En effet, en considérant la moyenne mensuelle des taux de change pratiqués par les bureaux de change, on constate qu’après avoir atteint 1.707,34 FC pour un dollar américain en juillet, cette moyenne s’est presque stabilisée depuis début août à 1.560 FC le dollar.
Mais, ma présence ainsi que celle du Gouverneur de la Banque Centrale, ce jour, en ces lieux, n’a pas pour objet de venir célébrer une quelconque victoire.
Nous sommes là plutôt pour édifier, à travers la presse, l’opinion sur le niveau d’exécution par le Gouvernement des mesures, prises sous l’impulsion et avec les orientations personnelles de Son Excellence Monsieur le Président de la République, Joseph KABILA KABANGE, à qui je rends mes hommages les plus déférents.
Et comme il est de notoriété publique que la stabilité de la monnaie et des prix des biens et services sont le résultat d’une bonne coordination des politiques budgétaire et monétaire, il nous a paru utile, au Gouverneur de notre Institut d’émission et à moi-même, de faire ce jour le point sur l’impact réel de la mise en œuvre de ces mesures sur la santé du franc congolais.
Je vous informe que le Gouverneur de la Banque Centrale et moi-même, sommes membres du comité de pilotage stratégique des mesures urgentes du Gouvernement, mis en place par le Chef de l’Etat lui-même sous la modération de Son Directeur de Cabinet, et travaillant de concert avec le Premier Ministre, Chef du Gouvernement.
Ainsi, mon intervention sera axée sur les aspects relatifs à la gestion des finances publiques et dans une certaine mesure à la relance de la production nationale, tandis que celle du Gouverneur de la Banque Centrale du Congo portera principalement sur la politique monétaire.

Mesdames, Messieurs de la presse,
Comme vous le savez, la situation économique et financière de notre pays a commencé à se dégrader, dès le début du 2ème semestre de l’année 2015, sous la conjonction, d’une part, du choc externe provoqué par le ralentissement de l’activité économique mondiale à l’origine de la chute des cours mondiaux de principaux produits d’exportation de notre pays et, d’autre part, du choc interne lié au caractère extraverti et peu diversifié de notre économie, auquel s’est greffé un certain attentisme des opérateurs économiques et des investisseurs depuis 2016.
Cette dégradation de la situation économique s’est traduite par le ralentissement du taux de croissance du PIB réel qui est passé de 9,5% en 2014 à 6,9% en 2015 et à 2,4% en 2016. Parallèlement, le taux d’inflation annuel, qui était contenue autour de 1% à la même période 2014-2015 a augmenté pour atteindre 23,6% en 2016. La conséquence immédiate de ce mauvais comportement des principaux indicateurs macroéconomiques a été la révision par le Gouvernement du Budget de l’exercice 2016.
Mais, en dépit du vote par le Parlement d’une loi des finances rectificative, le Gouvernement a eu à faire face, tout au long de l’année 2016, à une baisse drastique des recettes publiques et à la pression des dépenses, surtout contraignantes, à savoir les rémunérations, les dépenses de sécurité et de souveraineté, le paiement de la dette extérieure, le fonctionnement des institutions, sans oublier les engagements liés au processus électoral.
Cette inadéquation entre les ressources internes, de plus en plus faibles, et des dépenses restées constantes, voire en hausse, a eu comme résultat un déficit important dans l’exécution du Budget 2016 et cela, malgré des efforts de compression des dépenses entrepris tout le long de l’année et qui ont permis, au cours de certains mois, de réaliser des excédents de trésorerie.
Eu égard au résultat négatif ainsi connu dans l’exécution du Budget 2016 et pour éviter une détérioration plus prononcée de la valeur de notre monnaie nationale, nous avons décidé dès janvier 2017, de resserrer davantage l’exécution du Budget, en nous fixant comme objectif mensuel zéro déficit ou dans l’impossible, un déficit réduit et facilement compensable avec d’éventuels excédents des mois à venir.
Cette discipline budgétaire a permis de maintenir les finances publiques en équilibre au cours de cinq mois sur les sept premiers mois de cette année et d’enregistrer un ralentissement du rythme de dépréciation du franc congolais contre le dollar, passant d’une moyenne de 4% par mois entre octobre 2016 et mars 2017 à 2,5% par mois en avril et mai 2017.
Pris en termes de progression mensuelle, le seul mois au cours de cette année où un déficit de trésorerie aura été important est celui de juin, le déficit programmé de mai ayant été couvert par des excédents des mois précédents.
Mais face à l’accélération de la dépréciation de notre monnaie constatée de fin juin à mi-juillet 2017 et ce, malgré une gestion maîtrisée des finances publiques comme je viens de le relever, le Gouvernement n’a pas eu d’autre choix que de suspendre la quasi-totalité de paiements pour calmer le marché et, ainsi, envisager d’autres mesures nécessaires à une stabilité durable du Franc congolais.
Certes, cette décision a eu pour effet de décaler certains paiements importants du mois de juillet en août, notamment les salaires de certains services de l’Etat et la rétrocession aux régies financières ; mais, elle s’est avérée fructueuse car elle a permis au Gouvernement d’équilibrer ses comptes à la Banque Centrale, de constituer une certaine marge de trésorerie pour le reste de l’année et de ramener le taux de change du franc congolais, contre le dollar américain, autour de1.550 FC contre 1.700 FC au mois de juillet.
Toutefois, le Gouvernement reste conscient que cette accalmie relative sur le marché des changes n’est pas suffisante et qu’au-delà de la politique d’ajustement budgétaire, il faut poursuivre les efforts pour assoir une monnaie forte.
C’est la raison pour laquelle une série d’autres mesures en faveur de la mobilisation des recettes internes et de la relance de la production nationale viennent d’être prises par le Gouvernement, au terme des constats faits sur le terrain par différentes missions d’inspection dans certaines provinces, ordonnées par le Chef de l’Etat Lui-même.
Adoptées dernièrement par le Conseil des Ministres, ces mesures sont certaines de portée générale, d’autres de portée spécifique, et toutes applicables les unes à court terme et d’autres à moyen et plus ou moins long terme.
Elles portent notamment sur la suppression des taxes illégales, des frais administratifs d’interventions diverses exigés par différents services aux postes frontaliers ou ailleurs sur le territoire national, des points de contrôle sur les routes ou les voies fluviales, l’assainissement des aires de dédouanement, l’intégration de toute la parafiscalité et autres revenus des prestataires en un taux unique, la stricte application du décret fixant à quatre le nombre des services autorisés à opérer aux frontières, la lutte contre la fraude, la contrebande, l’évasion fiscale, le renforcement des sanctions administratives et des poursuites judiciaires contre les agents de l’Etat indélicats et les .opérateurs économiques véreux, la mise en place d’une stratégie de promotion des exportations agricoles et des produits de l’industrie locale.
Dans la même série des mesures, il y a lieu de citer aussi la construction des plates-formes logistiques dans tous les postes douaniers, l’accélération de l’informatisation et l’interconnexion des services des régies financières, dont l’inauguration du serveur installé dans le data center de l’immeuble du Gouvernement aura lieu prochainement dans la perspective de la mise en place d’une chaîne des recettes.
A cet arsenal des mesures s’ajoutent deux chantiers importants dont la réalisation devrait permettre à notre pays d’exploiter tout son potentiel fiscal et surtout d’orienter l’essentiel de ses ressources vers la construction des infrastructures de base, sociales et énergétiques.
Le premier chantier est celui de la réforme de notre système fiscal, considéré aujourd’hui comme complexe, asphyxiant, tracassier et en définitive décourageant pour les initiatives privées.
C’est pour cette raison que Sous le Haut Patronage de Son Excellence Monsieur le Président de la République et suivant ses orientations personnelles, le Ministère des Finances organise en septembre prochain, un Forum national sur la réforme du système fiscal de la RD Congo.
L’objectif de cette réforme est d’aboutir, à travers un diagnostic complet et précis des maux dont souffre notre système fiscal, à rechercher des solutions pour rendre notre fiscalité simple, compétitive, attractive, à rendement élevé et au service du développement. Et pour assurer l’appropriation par tous les agents économiques de cette réforme, nous avons opté pour une méthode participative et inclusive, en associant différentes couches socioprofessionnelles.
Le deuxième chantier important et incontournable pour le développement de notre pays est celui de la relance de la production agricole nationale et de notre agro-industrie. L’objectif est de chercher progressivement, tant à atteindre l’autosuffisance alimentaire et réduire ainsi la forte dépendance de notre pays vis-à-vis des importations, qu’à assurer la diversification de notre économie et par ricochet des sources de ses revenus.
Avant de terminer, je voudrais rassurer notre population de la détermination du Gouvernement d’union nationale à faire face, sous le leadership de Son Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat, Joseph KABILA KABANGE, a tout mettre en œuvre pour stabiliser la monnaie nationale, préalable à la relance de l’économie de notre pays.
Je vous remercie de votre attention et sans plus tarder, je passe la parole au Gouverneur de la Banque Centrale pour son mot, avant de vous donner l’occasion de poser vos questions.

 

RDC Finances avec Forum des As

 

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