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Le commerce du bois en République Démocratique du Congo (RDC) demeure un secteur stratégique mais profondément fragile en février 2026. Avec ses vastes ressources forestières – représentant environ 60 % du Bassin du Congo et plus de 155 millions d’hectares de forêts –, la RDC occupe une position clé dans le commerce du bois, tant au niveau national qu’international. Cependant, ce potentiel reste largement sous-exploité de manière durable : la production de bois d’œuvre stagne à un niveau bas, avec des projections jusqu’en 2026 indiquant une stabilité relative autour de 2,16 millions de tonnes par an, une légère hausse des exportations et une augmentation plus marquée des importations pour compléter l’offre domestique.
 
La filière est majoritairement orientée vers l’exportation de grumes (bois brut non transformé), avec peu de valeur ajoutée locale, ce qui limite les retombées économiques pour le pays. Les principaux marchés d’exportation incluent l’Asie (notamment la Chine et le Vietnam pour les essences précieuses), ainsi que des flux transfrontaliers vers l’Afrique de l’Est, comme le Soudan du Sud. Des essences comme le padouk (bois rouge) ou l’acajou d’Afrique (Khaya anthotheca, inscrit en Annexe II de la CITES) sont particulièrement prisées pour la fabrication de meubles de luxe, mais elles font l’objet d’une surexploitation préoccupante.
 
Malgré des engagements internationaux et des réglementations strictes – comme le Règlement sur la Déforestation de l’Union européenne (RDUE) pleinement applicable depuis fin 2025 et exigeant une traçabilité rigoureuse –, l’exploitation illégale domine largement le secteur. Des rapports récents qualifient la situation de « chaos organisé », avec seulement une minorité de concessions respectant pleinement le code forestier congolais. En 2024-2025, des enquêtes ont révélé des illégalités systémiques dans l’industrie, incluant des réseaux criminels transfrontaliers et une exploitation par des groupes armés dans l’Est (Sud-Kivu, Nord-Kivu), où le bois alimente souvent les conflits. Des saisies massives, comme plus de 60 camions de bois et de braises dans le bassin de la Semuliki en février 2026, illustrent l’ampleur persistante de ce fléau.
 
Le gouvernement a pris plusieurs mesures pour inverser la tendance : un moratoire sur l’octroi de nouvelles concessions forestières depuis 2005 (qui freine partiellement l’expansion mais accentue l’artisanat illégal), une interdiction nationale d’exportation de grumes (décision réaffirmée et renforcée dans la CEMAC et en RDC pour promouvoir la transformation locale), et une proposition de suspension de l’exploitation et de la commercialisation du bois rouge de padouk annoncée en septembre 2025. La Politique Forestière Nationale en cours de finalisation (ébauche octobre 2025) met l’accent sur la traçabilité via des outils comme le Système intégré de gestion forestière (SIMEF), le renforcement du Programme de contrôle de la production et de la commercialisation des bois (PCPCB), et une industrialisation accrue pour valoriser les ressources sur place.
 
Parallèlement, des initiatives régionales et internationales se multiplient : ateliers multi-acteurs pour un marché du bois légal et durable (comme celui de Pointe-Noire en janvier 2026 pour le projet MIB Congo), projets de renforcement de la transparence du commerce transfrontalier (CIFOR-ICRAF), et plaidoyers pour le respect de l’interdiction d’export de grumes. Des crédits et partenariats (comme celui de 14,5 millions d’euros pour la traçabilité) visent à structurer la chaîne de valeur.Malgré ces efforts, les défis restent immenses : déforestation accélérée (pertes annuelles de centaines de milliers d’hectares de forêts primaires), pression démographique et demande en charbon de bois, empiétements miniers sur les forêts de Miombo, et impacts climatiques.
 
La RDC, en tant que deuxième poumon forestier mondial, joue un rôle crucial dans la lutte contre le changement climatique, mais la gouvernance faible, les conflits armés et les intérêts économiques contradictoires freinent les progrès concrets. Une réforme profonde – alliant interdiction effective des exportations brutes, audits systématiques et investissements dans la transformation locale – reste essentielle pour transformer ce potentiel en opportunité durable.
 
Alain Lusanga

 

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