
Le secteur des assurances en République Démocratique du Congo connaît une forte accélération ces dernières années. Selon un article récent de Financial Afrik daté du 24 février 2026, cette dynamique s’inscrit dans le prolongement de la libéralisation du marché initiée par la loi de 2015 et effective depuis 2016, qui a mis fin au monopole et favorisé la concurrence sous la supervision de l’Autorité de Régulation et de Contrôle des Assurances (ARCA). Le volume global des primes, équivalent au chiffre d’affaires du secteur, est passé de 67 millions USD en 2019 à 377 millions USD en 2024, soit une multiplication par plus de cinq en seulement cinq ans, illustrant une croissance explosive.
Dans la branche non-vie, dominante sur le marché, les primes sont passées de 304 millions USD en 2023 à 342 millions USD en 2024, enregistrant une croissance annuelle de +13 %. L’assurance-vie, en fort rattrapage, a vu ses primes bondir de 20 millions USD en 2023 à 35 millions USD en 2024, soit une hausse impressionnante de +75 % en un an. Ces chiffres confirment une accélération particulièrement marquée entre 2023 et 2024, surtout en assurance-vie.Le taux de pénétration reste toutefois inférieur à 1 %, bien en deçà des moyennes africaines, ce qui témoigne d’un potentiel de croissance énorme malgré les progrès réalisés. Par ailleurs, les indemnisations versées aux sinistrés ont fortement augmenté : 58 millions USD en 2024 contre seulement 2 millions USD en 2018, signe d’une maturité accrue du marché et d’une meilleure confiance des assurés.
Le marché compte aujourd’hui 10 assureurs agréés (7 en non-vie et 3 en vie), ainsi que des réassureurs panafricains comme Africare, Zephyr et, plus récemment, Africa Re implantée à Kinshasa. Cette accélération s’explique par un cadre réglementaire renforcé par l’ARCA, une diversification de l’offre avec des produits plus adaptés, une digitalisation progressive, ainsi qu’une augmentation des indemnisations et des contributions fiscales qui renforcent la crédibilité du secteur. Les assurances se positionnent de plus en plus comme un levier de mobilisation d’épargne et de financement du développement, notamment pour les infrastructures et l’inclusion financière.Malgré ce dynamisme, le secteur demeure marginal par rapport au PIB en raison de son faible taux de pénétration. Les projections restent toutefois optimistes : certains acteurs visent plus d’un milliard USD d’ici une dizaine d’années, avec des ambitions intermédiaires à 600 millions USD à l’horizon 2026 déjà évoquées fin 2025. En résumé, les assurances en RDC s’imposent progressivement comme un acteur économique structurant, avec une croissance soutenue qui devrait se poursuivre grâce à l’innovation, à la régulation et à une inclusion accrue.
Alain LUsanga