
L'Iran affirme que les pays qui expulsent les envoyés israéliens et américains pourront transiter librement par le détroit d'Ormuz.Au cœur de la guerre en cours opposant l'Iran aux États-Unis et à Israël, les Gardiens de la révolution islamique (IRGC) ont annoncé, le 9 mars 2026, une mesure inédite de chantage géopolitique et économique. Selon les médias d'État iraniens et des rapports relayés par des sources comme Haaretz, International Business Times et des posts viraux sur X (notamment de Sputnik International), tout pays arabe ou européen qui expulsera simultanément les ambassadeurs (ou envoyés diplomatiques) des États-Unis et d'Israël de son territoire obtiendra, à compter du 10 mars 2026, le droit total et la liberté de transit à travers le détroit d'Ormuz.
Cette annonce intervient dans un contexte où le détroit d'Ormuz – voie maritime stratégique par laquelle transite environ 20 % du pétrole mondial et une part importante du gaz naturel liquéfié (GNL) – est de facto quasi fermé ou sévèrement perturbé depuis le début du conflit fin février 2026. À la suite des frappes américano-israéliennes du 28 février, qui ont notamment tué l'ancien Guide suprême Ali Khamenei, l'Iran a multiplié les attaques contre des navires, menacé de mettre le feu à tout pétrolier tentant de passer, et paralysé le trafic : des milliers de tankers sont bloqués ou détournés, les prix du brut ont explosé de manière chaotique (avec des hausses de plus de 50 % par moments avant des corrections partielles), et les craintes d'inflation mondiale et de récession se multiplient.La condition posée par les IRGC est stricte : l'expulsion doit concerner les deux pays (États-Unis et Israël) simultanément. Des exemptions existent déjà pour des alliés perçus comme favorables, tels que la Russie, la Chine et le Pakistan, dont les navires peuvent transiter sans entrave. L'Iran insiste sur le fait qu'il n'a pas officiellement fermé le détroit à tous, mais le conditionne politiquement : les navires liés aux États-Unis ou à Israël restent interdits, et les autres risquent des attaques s'ils ne bénéficient pas d'une "autorisation" implicite via ce geste diplomatique.L'objectif apparent de cette mesure est clair : isoler davantage Washington et Tel-Aviv sur la scène internationale, forcer une fracture parmi les pays arabes du Golfe (comme l'Arabie saoudite ou les Émirats arabes unis) et les États européens, et offrir une "carotte" économique majeure – l'accès sécurisé aux flux énergétiques vitaux – à ceux qui rompent leurs relations diplomatiques avec les deux adversaires. Il s'agit d'une forme de pression hybride, combinant guerre économique et diplomatie coercitive, en pleine escalade militaire.
Les réactions immédiates restent limitées : peu de pays arabes ou européens ont commenté publiquement une telle expulsion, qui représenterait un geste diplomatique extrême équivalent à une rupture totale des relations avec les États-Unis et Israël. Du côté américain, le président Trump a évoqué la possibilité d'une prise de contrôle du détroit par la marine US (via des escortes armées pour les tankers) et des garanties d'assurance risque politique par la U.S. Development Finance Corporation, ce qui pourrait aggraver encore le conflit.Cette déclaration s'inscrit dans la ligne dure du nouveau Guide suprême Mojtaba Khamenei et des IRGC, qui cherchent à projeter une image de force et à diviser leurs adversaires malgré les bombardements intenses subis par l'Iran. La situation reste extrêmement volatile, avec des mises à jour quasi quotidiennes sur les marchés énergétiques, les mouvements navals et les négociations diplomatiques potentielles.
Alain Lusanga