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Lundi soir à Bali, le Fonds monétaire international (FMI) a publié ses traditionnelles projections jusqu'à 2020. Conclusion : les barrières commerciales décidées par les Etats-Unis, notamment contre la Chine, et les représailles chinoises entraîneriaent une baisse de la croissance mondiale de 1%.

D'après le FMI, dix ans après la crise financière, l'économie se porte mieux mais des « incertitudes grandissantes » ont émergé : hausse des taux d'intérêt américains décidée par la FED, Brexit, et surtout la guerre commerciale déclarée entre les Etats-Unis et la Chine.

A court terme, en 2019, la Chine en pâtirait deux fois plus que les Etats-Unis d'après le FMI. Mais à plus long-terme, l'industrie automobile américaine et par ricochet ses fournisseurs au Mexique ou au Japon en subiraient les conséquences. La croissance américaine resterait tout de même robuste : 2,9 % cette année, stimulée par les mesures fiscales de l'administration Trump.

Les incertitudes politiques n'épargnent pas la zone euro. Le FMI cite l'Italie et le Brexit. Les prévisions de croissance sont à la baisse à 2 % cette année, y compris pour l'Allemagne, puissance exportatrice vers la Chine.

Relance de l'économie subsaharienne

 

Comme les économies de l'Europe de l'Est, du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord, l'Amérique latine subit de plein fouet la hausse des taux d'intérêt americains qui font fuir les capitaux. La situation en Argentine qui replonge dans la récession et au Venezuela, dont le PIB  poursuit sa chute vertigineuse (-18% cette année) sont au coeur des préoccupations.

En revanche, la croissance en Afrique subsaharienne reprend des couleurs avec la hausse du prix du pétrole.

 ■ La Chine, grande perdante

C’est le pire des scénarios qui est envisagé par le FMI. Une croissance ramenée à 6,2 % serait en effet le plus mauvais score réalisé par l’économie chinoise depuis 1990. A très court terme, les Chinois auraient donc deux fois plus à perdre que les Américains dans ce bras de fer qui, à voir le visage fermé du ministre chinois des Affaires étrangères accueillant le secrétaire d’Etat américain à Pékin, n’est plus une guerre froide, mais bien un conflit brûlant avec des conséquences directes sur les usines exportatrices de la côte-est - le textile, les pneus, la production de soja notamment.

Ces prévisions du FMI sont pourtant loin de l’optimisme affiché dans les discours. L’économie chinoise est stable, il n’y a pas de quoi s’inquiéter, ressassent les médias officiels, quitte à reprendre comme l’a fait le président chinois récemment, les vieux slogans maoïstes de l’autosuffisance et l’auto-développement de la Chine.

Face aux « provocations », la Chine est aux avant-postes de l’intelligence artificielle pour remporter la quatrième révolution industrielle et la guerre commerciale avec les Etats-Unis, estimait le South China Morning Post à Hong Kong lundi. La Chine doit garder son calme et « faire une démonstration de Tai Chi face aux Etats-Unis », écrit l’éditorialiste du journal Huanqiu

Cet optimisme a toutefois de plus en plus de mal à dissimuler les tensions entre partisans d’un renforcement de la dépendance de l’économie chinoise aux institutions publiques, et les tenants de l’ouverture de l’économie. Ces derniers sont inquiets. Ils ont de quoi. Si les pessimistes du FMI ont raison, la croissance chinoise pourrait tomber à 4,6 %, un niveau jamais atteint depuis que la Chine a commencé à s’industrialiser.

Avec RFI

 

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