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Catégorie : Mines

L’Allemagne s’intéresse activement à l’exploration et au secteur minier en République Démocratique du Congo, mais de manière très différente des grands acteurs comme la Chine ou les majors occidentaux, en privilégiant la coopération au développement, la durabilité et les pratiques responsables plutôt que des exploitations massives directes. À travers son ministère fédéral de la Coopération économique et du Développement (BMZ), l’Agence allemande de coopération internationale (GIZ) et l’Institut fédéral des géosciences et ressources naturelles (BGR), l’Allemagne soutient des projets visant à améliorer la gouvernance minière, à renforcer la transparence, à certifier les minerais exempts de conflits (cobalt, cuivre, coltan, tantale), et à accompagner les coopératives minières artisanales pour qu’elles respectent des normes environnementales et sociales plus élevées.
 
Berlin importe régulièrement du cuivre et d’autres minerais congolais tout en insistant sur le respect des droits humains et sur la mise en œuvre de sa loi sur le devoir de vigilance des entreprises en matière de chaînes d’approvisionnement. Des délégations d’entreprises allemandes, particulièrement spécialisées dans les équipements miniers et les technologies vertes, ont effectué plusieurs missions exploratoires à Lubumbashi et dans le Katanga pour évaluer les opportunités d’investissement responsable. En 2025, l’Allemagne a annoncé un appui financier de 50 millions de dollars pour renforcer cette coopération minière avec la RDC, axé sur la transparence, la formation et la création de valeur locale. Les représentants allemands participent régulièrement à la DRC Mining Week où ils tiennent un pavillon important pour présenter leurs expertises. Dans un contexte où le secteur minier congolais reste dominé par les investissements chinois et par des grandes sociétés comme Glencore ou Ivanhoe, l’Allemagne se positionne comme un partenaire technique et éthique qui cherche à diversifier les sources d’approvisionnement en minerais critiques tout en évitant les pièges de l’extraction pure sans bénéfice durable pour les populations locales.
 
Elle ne détient pas de grandes concessions minières à grande échelle, mais elle mise sur un rôle d’accompagnement pour promouvoir une exploitation responsable face aux défis persistants du secteur : artisanal informel, risques de conflits, impacts environnementaux et gouvernance fragile.
 
Nadine Kibau