
Le ministre congolais des Mines, Louis Watum Kabamba, et son homologue chinois Guan Zhi’ou
en train de parapher l’accord
La République Démocratique du Congo (RDC) franchit une étape importante dans sa stratégie de souveraineté économique et d’industrialisation avec la signature, le 26 mars 2026 à Beijing, d’un Mémorandum d’Accord sur la coopération dans les domaines de la géologie et des ressources minérales avec la République populaire de Chine.Signé par le ministre congolais des Mines, Louis Watum Kabamba, et son homologue chinois Guan Zhi’ou, ce nouvel accord marque une rupture symbolique avec les contrats jugés déséquilibrés du passé (notamment le fameux « contrat du siècle » de 2008 et ses renégociations).
Il met l’accent sur quatre piliers fondamentaux : la concertation permanente entre les deux parties, le strict respect du cadre légal et réglementaire congolais, la protection des investissements et, surtout, la promotion active de la transformation locale des ressources naturelles.Concrètement, cet accord vise à mettre fin à l’exportation massive de minerais bruts (cuivre, cobalt, fer, etc.) en encourageant le développement d’unités industrielles de valorisation sur le territoire congolais. Parmi les projets prioritaires figure le développement des Mines de Fer de la Grande Orientale (MIFOR), accompagné d’un corridor logistique multimodal (rail, fleuve Congo et port en eaux profondes de Banana). Des entreprises chinoises membres de la Chambre de commerce seront mobilisées pour déployer progressivement ces capacités de transformation à grande échelle.Une mesure phare renforce l’attractivité de l’accord : à compter du 1er mai 2026, les exportations congolaises vers la Chine bénéficieront d’un accès en franchise de droits de douane, ce qui devrait améliorer la compétitivité des produits miniers congolais tout en incitant à une valeur ajoutée locale accrue.
À travers ce partenariat rééquilibré, la RDC réaffirme son ambition de bâtir un secteur minier moderne, responsable et créateur de valeur, pleinement intégré aux chaînes de valeur mondiales, au service de son industrialisation, de sa souveraineté économique et du bien-être durable de sa population. Ce texte s’inscrit dans un contexte de diversification des partenariats, où Kinshasa cherche à tirer un meilleur profit de ses richesses minières face à la forte demande mondiale en minerais critiques pour la transition énergétique.Ce mémorandum représente donc un tournant pragmatique : moins d’export brut et plus de transformation locale, avec un encadrement renforcé des investissements chinois. Les observateurs attendent maintenant sa mise en œuvre effective sur le terrain pour juger de son impact réel sur l’économie congolaise.
Magloire Kibau