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La République Démocratique du Congo (RDC) prévoit de lancer son premier eurobond (émission obligataire souveraine internationale en dollars) mi-avril 2026, marquant un tournant historique pour son accès aux marchés financiers mondiaux.Selon les déclarations officielles relayées par Reuters, Bloomberg, CNBC Africa et l'Agence Ecofin en janvier-février 2026, la première tranche vise 750 millions USD, dans le cadre d'un programme plus large pouvant atteindre 1,5 milliard USD sur l'ensemble de l'année via plusieurs émissions successives. Le gouverneur de la Banque centrale, Andre Wameso, a confirmé en janvier que l'opération était programmée pour avril, avec un accent sur la finalisation de la due diligence et des préparatifs avec les firmes internationales pour respecter ce calendrier. Le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde, a précisé en février lors de roadshows à Londres que le timing exact dépendrait des conditions de marché, mais que le pays serait prêt lorsque la fenêtre s'ouvrirait : « It's up to the condition of the market... when the time is coming, we're going to be ready ».
 
Les fonds levés serviront prioritairement à financer des projets d'infrastructures majeurs : modernisation de l'aéroport international de N'djili, routes à Kinshasa, centrales hydroélectriques, infrastructures rurales, et un projet ferroviaire soutenu par un prêt complémentaire de 530 millions USD de la U.S. Development Finance Corporation (DFC). Citigroup dirige l'opération en tant que lead manager, avec le soutien local de Rawbank ; Rothschild & Co. assiste sur la structuration.Ce lancement s'appuie sur un contexte macroéconomique favorable : S&P a relevé la perspective de la note souveraine à positive (rating B-) fin janvier 2026, grâce à une croissance dopée par les exportations de cuivre, cobalt et or, une inflation maîtrisée autour de 2 %, et un ratio dette/PIB parmi les plus bas d'Afrique (environ 18-20 %). La RDC profite également d'une fenêtre ouverte sur les marchés émergents, où l'Afrique subsaharienne a déjà levé près de 6 milliards USD en eurobonds début 2026 (record depuis 2013), avec des coûts d'emprunt en baisse.Malgré ces atouts, des risques persistent : conflits armés persistants à l'Est (notamment avec le M23), défis de gouvernance, et volatilité des prix des commodities. Les investisseurs exigeront un yield élevé (probablement 10-12 % ou plus, en ligne avec les émissions récentes africaines comme celle du Congo-Brazzaville à 11,625 % en février 2026).
 
À la date du 9 mars 2026, l'émission n'a pas encore eu lieu, mais les préparatifs avancent activement pour une mise en marché mi-avril (autour du 15-20 avril ou plus largement dans le mois). Une réussite marquerait la première entrée significative de la RDC sur les marchés obligataires internationaux, renforçant sa crédibilité et diversifiant ses sources de financement au-delà des prêts concessionnels du FMI et de la Banque mondiale.
 
Pascal Kiwewa