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Selon des déclarations récentes du ministre congolais des Mines, Louis Watum Kabamba, la RDC passe effectivement à une phase « B2B » (Business-to-Business) dans le cadre du partenariat stratégique avec les États-Unis, particulièrement sur le volet minier. Cette annonce a été faite le 6 ou 7 février 2026, notamment lors d'une interview à la radio Top Congo FM.

Du gouvernement-à-gouvernement (G2G) → Vers des partenariats directs entre entreprises (américaines et congolaises, ou privées).

Après la signature de l'Accord de partenariat stratégique le 4 décembre 2025, et la première réunion du Comité de pilotage conjoint (JSC) le 5 février 2026 à Washington (où la RDC a présenté une liste initiale d'actifs stratégiques / RAS-SAR), le focus se déplace maintenant vers des négociations et deals concrets entre le secteur privé. Le but est d'attirer des investissements directs américains dans les projets miniers prioritaires (cuivre, cobalt, etc.), favoriser la transformation locale, créer des emplois, et sécuriser des chaînes d'approvisionnement mutuellement bénéfiques, tout en respectant la souveraineté congolaise (pas de cessions gratuites ou de bradage, mais des opportunités win-win).

Le ministre Watum a insisté sur le fait que cette phase opérationnelle/B2B valide la liste de projets et d'actifs miniers soumis par Kinshasa, inclut des besoins en assistance technique, et ouvre la porte à des discussions plus approfondies avec des entreprises US (soutenues par des institutions comme la DFC, EXIM Bank, etc.).Cela fait suite directement à la réunion JSC du 5 février (co-présidée par Daniel Mukoko Samba côté RDC), où les deux parties ont validé des étapes concrètes : promotion d'investissements responsables, infrastructures (ex. corridor Sakania-Lobito), et accès préférentiel à certains actifs pour les Américains.La RDC cherche à diversifier ses partenaires miniers (au-delà de la Chine dominante) pour booster la croissance (>5 % projetée en 2026 grâce aux minerais), tout en renforçant la stabilité (liens avec la paix à l'Est et la gouvernance).Des exemples récents illustrent déjà ce virage B2B : le MoU Glencore-Orion CMC (consortium US-backed) pour 40 % des actifs Mutanda et Kamoto, annoncé le 3 février.

Cette évolution est vue comme un passage décisif de la diplomatie vers l'exécution économique, avec un accent sur des partenariats commerciaux directs plutôt que purement étatiques.

Nadine Kibau