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Après les journées folles du 11, 12 et 13 mars 2019, marquées par une grève totale des employés du commerce, surtout ceux oeuvrant au sein des magasins tenus par des Indo-Pakistanais sur toute l’étendue de la capitale, le centre- ville de Kinshasa a connu hier mardi 2 avril 2019 une nouvelle journée sans magasins. A la base du débrayage, il y avait l’arrestation, jugée arbitraire par sa « base », de Michel Tshimanga, Secrétaire Général de l’Intersyndicale de secteur du commerce et chargé des opérations sur terrain, par des policiers se réclamant des services spéciaux, le lundi 1er avril 2019 dans l’avant-midi. Libéré tardivement, la masse laborieuse, qui n’avait pas eu de ses nouvelles à la fin de la journée, a décidé de le revoir vivant, avant de commencer leur travail à 7 heures hier mardi 2 avril 2019.     

            Les exploitants du petit commerce, qui ont l’habitude de s’approvisionne au centre-ville dès les premières heures de la matinée, principalement sur l’avenue du Commerce, à Gombe, grand centre de négoce de la capitale, étaient pris de court par cette paralysie des activités commerciales.

            A partir de 7 heures du matin, une vive tension était perceptible dans les visages des centaines des travailleurs du secteur du commerce, qui s’interrogeaient sur le sort qui aurait été réservé à Michel Tshimanga.

A la place baptisée « Golgotha », lieu habituel de leur rassemblement, compris entre les avenues Bokasa et du Commerce tous les mardis, jeudis et samedis, ils exigeaient sa présence physique avant de se rendre chacun à son poste de travail.  Dans la foulée, les rangs des grévistes étaient infiltrés par des marginaux  communément appelés « Shegués », « Chailleurs » et autres « Kuluna », qui guettaient la moindre étincelle entre les éléments de la police nationale congolaise, dépêchés sur les lieux, et les grévistes, pour « piller ». D’après plusieurs sources, des véhicules ont été même caillassés par ces délinquants, et cela a perturbé sérieusement le périmètre, au point que même des commerçants nationaux et expatriés autres que les Indo-Pakistanais, qui n’étaient pas concernés par les revendications des grévistes, ont dû fermer boutique, pour des raisons de sécurité.

            D’où, pour éviter tout débordement, un colonel de la police est allé chercher Michel Tshimanga pour le présenter aux travailleurs en colère à la place « Golgotha ».  Transporté en tipoy, il leur a tout simplement remercié pour leur soutien et demandé de reprendre le travail, pour éviter de tomber dans le piège du débordement.

            En dépit du retour au calme, les magasins sont restés hermétiquement fermés jusqu’à la fin de la journée. L’Intersyndicale a fait savoir à ses affiliés qu’elle ne participera plus à la Commission mixte mise sur pied pour travailler avec les inspecteurs du ministère du Travail, Emploi et Prévoyance Sociale, dans le cadre du contrôle des Maisons de Placement (Sous-traitance), au motif que les noms de ses délégués ne  figurent pas sur l’ordre de mission. Il leur a été conseillé d’attendre jusqu’au 5 avril 2019 pour évaluer le travail qu’effectuent les émissaires du ministère du Travail sur le terrain depuis plusieurs jours.  En clair, la reprise effective du travail dans le secteur de commerce dépend désormais des employeurs et non de l’Intersyndicale.

Jean-René Ekofo / Le Phare

 

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