Le classement des 30 premières banques africaines, déterminé à partir du total bilan, de la capitalisation boursière, des encours crédits et dépôts, du PNB et, surtout, de l’expansion africaine, ne prétend pas à l’exhaustivité. Il s’agit d’un parti pris affirmé en faveur des institutions qui investissent en dehors de leurs pays d’origine contribuant ainsi à augmenter les flux inter-africains. Le deuxième parti pris représente le pari de la transparence. Les entreprises cotées sont favorisées par notre baromètre car nous estimons que ne pas aller en Bourse de nos jours est un obstacle majeur à la transparence et à la modernisation du secteur financier. Bref, ce classement Financial Afrik offre une grille de lecture sur les banques à plus fort impact régional.

Le résultat obtenu après un long travail de compilations révèle une compétition panafricaine entre les banques sud-africaines, les marocaines et les nigérianes. Ce sont les banques de ces trois pays qui présentent le plus grand nombre d’agences et desservent donc le plus de clients à travers le continent. Ayant avec elles le droit d’aînesse pour un âge moyen supérieur à un siècle, les sud-africaines représentées dans ce top 30 surfent sur une économie innovante et diversifiée, allant du secteur minier au secteur agricole, puis à l’industrie et aux services. La Standard Bank reste de loin le numéro un de ce classement, devant FirstRand, Absa et Nedbank. Les banques marocaines suivent, devancées en termes de total bilan mais (il s’agit d’une tendance déjà vieille) dépassant les sud-africaines par la diversité de leurs réseaux africains. Le trio magique Attijariwafa Bank, BCP et BMCE Bank Of Africa s’étend désormais au delà de la zone francophone. La reprise de Barclays Égypte par Attijariwafa bank en 2017 participe de cette dynamique. Quant aux banques nigérianes, elles restent timides sur la zone francophone où elles continuent d’alterner acquisitions et cessions. La vente, fin 2017, de Diamond Bank à NSIA Banque illustrant bien cette tendance.


NB: les lignes “asset”, “capitalisation”, “PNB”, “Crédit” et “Dépôt” sont exprimées en milliard de dollars.

Il ressort de nos différentes investigations, que les banques africaines, toutes tailles confondues, appréhendent la ZLECA avec beaucoup d’espoirs. À condition, répétent-elles en choeur, que les décideurs publics préposés aux négociations couplent le projet continental avec l’harmonisation de la règle du droit, des sûretés et, entre autres, des hypothèques. Au delà des mastodontes, ce classement Financial Afrik met la lumière sur l’essor des banques «natives» à l’instar de Coris Bank International au Burkina Faso, Afriland First Bank au Cameroun, le Groupe BGFIBank au Gabon ou encore NSIA Banque en Côte d’Ivoire. Le parcours de ces banques « endogènes » témoigne des dynamiques intra- régionales fortes entre les pays africains. Les zones UEMOA en Afrique de l’Ouest et CEMAC en Afrique Centrale devraient attirer plus d’investissements bancaires dans les années à venir grâce à leur avantage comparatif de disposer d’une règle bancaire unique commune à plusieurs pays. Avec la pandémie Covid-19, la zone UEMOA a adopté plusieurs mesures fortes permettant aux banques de maintenir leur niveau d’activité en répondant aux besoins des Etats. En Afrique Centrale, des mesures voisines ont été aussi prises, témoignant, chez les deux parties, de la résilience des deux sous zones CFA. Dans l’ensemble, les banques africaines font face à de fortes demandes de financement de l’économie et à la raréfaction des devises. Ainsi, plus de 60 ans après les indépendances, la dépendance du secteur bancaire africain vis-à-vis des banques correspondantes étrangères constitue la faiblesse majeure du financement du commerce international à partir de l’Afrique.

Si la diversification géographique est un facteur de résilience par temps de pandémie, elle devrait pour se consolider, disposer d’une banque de premier rang capable de confirmer les engagements. D’où l’importance de l’extension obtenue récemment de l’agrément bancaire de BGFI Europe. La pandémie Covid-19 l’a bien montré, disposer d’un secteur bancaire puissant participe de la souveraineté économique. Selon un rapport d’Afreximbank, le nombre de relations avec des correspondants bancaires a diminué dans toute la région et le rejet des demandes de lettres de crédit a augmenté, d’environ 38% pour les banques locales / privées et de 30% pour les banques étrangères. Il va de soi que le premier rôle du secteur bancaire reste le financement de l’économie. La plupart des banques figurant dans ce classement ont un taux de transformation de l‘ordre de 80%, voir 100%. La transformation du dépôt en crédit constitue l’expertise bancaire par excellence. S’agissant des tendances, elles sont de plusieurs ordres. Nous estimons que le prochain grand bouleversement du secteur bancaire africain viendra des économies dirigistes comme l’Angola, l’Algérie et l’Ethiopie. Si la La Banque extérieure d’Algérie (BEA) reste puissante par ses actifs, elle pâtit encore de l’absence sur la scène panafricaine. Situation similaire pour la Commercial Bank Of Ethiopia, une mastodonte héritée du socialisme éthiopien et qui essaie aujourd’hui d’adopter tant bien que mal les principes de l’économie de marché. L’Angola reste aussi attendu sur la privatisation de ses banques adossées à la manne pétrolière.

Plusieurs fois annoncée, plusieurs fois repousée, l’opération reste soumise à la volonté politique du gouvernement. Bref, le secteur bancaire africain reste attractif avec des niveaux de retour sur investissement compétitifs et des tickets d’entrée moins élevés comparés à l’Asie et aux pays du Nord. Reste désormais à aller en profondeur vers le relèvement de la bancarisation (15 à 20%), le financement des PME et l’économie réelle. L’adoption des nouveaux core banking systems est entrain de révolutionner la relation client. Nous pensons que les bouleversements technologiques intervenus dans le canal de distribution des services bancaires constitue en soi une bonne nouvelle. Grâce au smartphone, les coûts d’acquisition des clients ont considérablement baissé. Les services de banque à distance et les services bancaires mobiles réduisent le coût de l’intermédiation avec les petits clients et permettent de collecter les dépôts à moindre coût, tout en libérant les réseaux d’agences d’une certaine pression, ce qui leur permet de répondre aux besoins des professionnels et des travailleurs indépendants. Ces 30 banques africaines à fort impact régional constituent les vecteurs du renouveau afro-africain. Reste aux politiques d’ajuster les réglementations afin de favoriser l’investissement bancaire et, partant, le financement de l’économie.

 

FA

 

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