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Catégorie : Entreprises
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 Resté fidèle à Albert Yuma, le Conseil d'administration conteste la légalité de l'élection du nouveau président.

Coup de théâtre hier à la Fédération des Entreprises du Congo (FEC). Comme annoncé à travers les médias, le Conseil d'Etat a tenu promesse. Déterminé à annuler la réélection d'Albert Yuma Mulimbi, qui a remporté à la régulière le scrutin du jeudi 26 novembre, le Conseil a enfilé le maillot de la Commission nationale électorale pour arbitrer le vote du nouveau patron des entrepreneurs privés. Ainsi, sur les 130 électeurs attendus, seuls 14 ont répondu à l'appel. N'empêche ! En dépit du quorum qui était loin d'être atteint, il leur fallait passer impérativement aux urnes. Sans doute pour choisir entre Dieudonné Kasembo Nyembo et Dieudonné Kasembo Nyembo.

C'est donc sans la moindre surprise que le seul candidat retenu par le Conseil d'Etat pour succéder à Albert Yuma a été plébiscité. Par une majorité écrasante, bien entendu ! Mais, la majorité de seuls électeurs présents. Soit 14 votants sur les 130 administrateurs de la FEC. A vrai dire, 116 électeurs potentiels se sont éclipsés. Autrement dit, s'il faut être plus courtois, ils ont décliné poliment ''l'offre politique'' qui leur exigeait de dénier les suffrages qu'ils ont accordés à celui qu'ils ont trouvé digne d'être reconduit au rang de ''patron des patrons'' de la République démocratique du Congo.

Indigné par cette démarche jugée ''cavalière'', voire ''antidémocratique'', le Conseil d'administration de la FEC est aussitôt monté au créneau pour contester la légalité de l'élection du nouveau président, diligentée par le Conseil d'État. Dans une correspondance dont une copie est parvenue à ''Forum des As'', la FEC, par l'entremise de son collectif d'avocats représenté par Me Roger Masamba, a brandi les contradictions manifestes entre les initiatives du greffier en chef et les termes clairs de l'ordonnance ROR 182, qui prévoit un délai de quinze jours pour l'organisation de l'élection ciblée et expirée.

CONFUSION

Dans cette correspondance, Me Roger Masamba explique que l'organe qui est habilité à organiser le scrutin n'est pas le greffier en chef, mais plutôt le greffe d'exécution qui semble, pourtant, inexistant. Sur ce, il souligne que "le Greffier en chef viole l'esprit même et la lettre de l'ordonnance précitée des statuts et du règlement de la FEC".

Abordés sur l'élection, hier mercredi 23 décembre, du successeur d'Albert Yuma, les avocats de la FEC affirment avoir appris cette nouvelle à travers les réseaux sociaux. D'où, rappellent-ils que les vrais élus de la Fédération des entrepreneurs du Congo sont présentement en cours de mandat.

La FEC, insistent-ils, avait déjà organisé les élections des membres du Conseil d'administration et du président dudit Conseil le 26 novembre dernier. Ce, en vertu de ses droits constitutionnels et de la législation régissant les ASBL, statuts et règlement intérieur compris.

PROCEDURE DISCRIMINATOIRE

"La FEC est donc surprise de prendre connaissance, à travers les réseaux sociaux, de la diffusion de deux communiqués, émis par le greffier en chef du Conseil d'État, faisant état de l'organisation, en date du 23 décembre 2020, de l'élection du président du Conseil d'administration de la FEC, à la suite d'un rejet de la requête tendant à obtenir qu'il soit mis fin aux mesures prises aux termes de l'ordonnance ROR 182 (...), Alors qu'à la date de ce jour, cette décision, qui aurait été prise sous ROP 186, n'a jamais fait objet d'une signification", peut-on lire dans le document rédigé par les avocats.

NOUS AURIONS AIME QU'IL Y AIT AUTANT DE CANDIDATS"

La FEC signale, par ailleurs, que la convocation par le greffier en chef du Conseil d'État des membres du Conseil d'Administration du patronat congolais résidant à Kinshasa est "discriminatoire et vicie tout scrutin, s'il en était légalement besoin dans le cadre sus décrit".

"Au lendemain de la réélection d'Albert Yuma Mulumbi à la présidence du Conseil d'administration de la FEC, l'opérateur économique Dieudonné Kasembo Nyembo, associé gérant de la société Gecotrans, avait accusé l'Assemblée générale ordinaire de l'organisation patronale de n'avoir pas pris en compte sa candidature lors du scrutin du 26 novembre. A la suite de sa requête, le Conseil d'Etat avait annulé les résultats du vote et décidé d'en organiser un autre. Ainsi, a-t-il retenu la candidature unique de Dieudonné Kasembo Nyembo.

Au moment où nombre d'administrateurs de la FEC ne jurent que par Albert Yuma, ''le Président élu'', son adversaire, Dieudonné Kasembo Nyembo, regrette d'avoir été le seul candidat lors du vote d'hier. D'où, le dépit du ''Président proclamé'': "Nous aurions bien aimé qu'il y ait autant de candidats pour que ce soit vraiment un exercice démocratique (…). Mais, nous pensons qu'au prochain mandat, il y aura suffisamment de candidats pour prétendre diriger le Conseil d'administration de la FEC".

De l'avis des observateurs, la démarche amorcée par le Conseil d'Etat dans l'affaire FEC pèche par sa maladresse. Des analystes fustigent notamment la précipitation avec laquelle cette instance a agi. Ils déplorent, à tort ou à raison, les vices de procédures et ce qu'ils considèrent comme la politisation de cette élection, avec en arrière fond la guéguerre FCC-CACH. A cette allure, des voix finiraient par s'élever pour réclamer ''la vérité des urnes''. 

Yves KALIKAT et Rachidi MABANDU / Forum des As