Depuis la prise de contrôle de Kaboul par les talibans, un voile d’incertitude s’est abattu sur le pays : le sort des populations - les femmes en particulier -, mais aussi l'économie de l'Afghanistan. 

L’Afghanistan est l’une des nations les plus pauvres du monde : 90 % de sa population vit avec moins de deux dollars par jour. Le pays dépend largement de l’aide au développement. En 2019, la Banque mondiale évaluait encore cette dernière à 22 % du produit national brut (PNB). À lui seul, l’État afghan ne peut financer que la moitié de ses dépenses, selon l'institution financière internationale.

Avant le début de l’offensive des insurgés dans tout le pays, les bailleurs internationaux ont promis un soutien de 12 milliards de dollars pour la période 2021-2024. De son côté, le Fonds monétaire international (FMI) doit encore verser la dernière tranche de sa « facilité élargie de crédit », destinée à soutenir une économie affectée par la crise sanitaire liée au Covid-19, soit 105 millions de dollars.

Maintenant que les talibans, organisation reconnue comme terroriste par la plupart des États, ont pris le pouvoir, l’incertitude domine sur la poursuite de l’aide au développement. Le ministre allemand des Affaires étrangères Heike Maas a été catégorique il y a quelques jours, alors que l’avancée des insurgés s’accélérait : « Nous ne donnerons pas un centime de plus si les talibans prennent le pouvoir et imposent la charia ».

 

Les conséquences humanitaires seraient potentiellement lourdes pour une population qui dépend en majorité de l’aide étrangère pour son développement économique, son éducation et sa santé. Mais les insurgés semblent conscients des enjeux. Ils tentent de donner des gages de normalisation, et demandent aux Afghans, notamment aux fonctionnaires, de se rendre au travail comme d’habitude.

Les nouveaux dirigeants de l'Afghanistan vont jusqu'à promettre de garantir les droits des femmes. Même si pour l’heure, les écoles, les marchés et les transports commerciaux sont toujours à l’arrêt ou au ralenti, y compris dans la capitale. L’issue politique demeure floue et rien n’indique que les talibans sauront mieux piloter l’économie que le précédent gouvernement.

D'où vient l'argent des talibans ?

Ces dernières années, les insurgés se sont surtout distingués dans le commerce illicite, à commencer par celui de la drogue. L’Afghanistan produit 84 % de l’opium mondial. Malgré les huit milliards de dollars injectés par les Occidentaux pour lutter contre le trafic, celui-ci a explosé ces vingt dernières années. En 2020, le pays comptait 224 000 hectares de pavot, soit une hausse de 37 % par rapport à 2019, selon les estimations de l’ONU.

 

Cette production génère deux milliards de dollars de chiffre d’affaires et des centaines de milliers d’emplois. Les talibans n’en tirent pas pour autant la majorité de leurs revenus - ils profitent bien davantage des taxes prélevées sur le commerce de marchandises légales sur les routes qu’ils contrôlent.

Mais de nombreux experts prédisent qu'ils ne réitéreront pas l’erreur commise 2000, lorsqu'ils avaient mis fin à la production et au commerce du pavot, ce qui leur avait valu les foudres de la population rurale très largement dépendante de cette culture lucrative. Faute d’alternative aussi intéressante. Or, selon un rapport de l’agence onusienne contre les drogues et le crime (ONUDC), « l'économie illicite décourage les investissements privés et publics en alimentant l'insécurité, la violence et l'insurrection ».

Pourtant, l’Afghanistan recèle un potentiel sous-exploité, celui de son sous-sol. Il regorge de cuivre, de fer, d’or, de gaz, mais aussi de lithium et de cobalt. Les réserves en minerais du pays ont été estimées à au moins 3 000 milliards de dollars. Le voisin chinois a signé plusieurs contrats en vue d’exploiter à terme le lithium du pays, dont il a besoin pour sa production de batteries électriques.

Faute de sécurité, cette production ne s’est jamais concrétisée. Pékin veut donc se saisir de la nouvelle donne pour faire avancer le dossier. Il a déjà reçu des gages de la part des talibans. Lors d’une rencontre au sommet le mois dernier à Pékin, entre le ministre chinois des Affaires étrangères et le chef du bureau politique des insurgés, ce dernier a juré que l’Afghanistan ne servirait pas de base à des groupes hostiles aux intérêts chinois.

 

RFi

 

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