Les États-Unis ont décidé de priver la Chine de leurs technologies les plus avancées en matière de semi-conducteurs. Une décision qui risque d'être fatale aux efforts de Pékin de construire sa propre industrie de puces électroniques et qui relance la guerre économique larvée entre les deux puissances. La nouvelle est tombée en fin de semaine dernière, elle a ébranlé le secteur de la tech chinoise. Washington annonce donc de nouvelles restrictions aux exportations de composants électroniques vers la Chine.

 

L'objectif ouvertement affiché par la Maison blanche est de limiter la capacité de la Chine à acquérir et à fabriquer certaines puces haut de gamme, utilisées notamment dans l'industrie de défense, mais pas que. Il faut savoir que si la production de semi-conducteurs se fait très majoritairement en Asie - principalement à Taïwan, environ 53% du marché mondial, mais aussi en Corée du Sud, au Japon et en Chine - la conception de ces composants est très largement dominée par les entreprises de la Silicon Valley.

Avec ce nouveau tour de vis, les entreprises chinoises ne pourront plus acheter des puces utilisant des brevets ou des composants américains, sauf accord préalable, même si ces puces sont fabriquées par des entreprises non-américaines. Il s'agit là de technologies avancées, de dernière génération, des puces gravées dans des nœuds inférieurs à sept nanomètres. Pour donner un ordre d'idée, l'industrie automobile, très gourmande en semi-conducteurs, utilise des puces gravées dans des nœuds de 14 nanomètres et au-delà, donc plus de deux fois plus gros. Ces puces concernent les secteurs plus sensibles des technologies de l'information et de la communication. 

Concrètement, quelles conséquences pour la Chine ? 

Si la Chine ne peut plus acheter des puces « haut de gamme », elle ne pourra pas développer et surtout entretenir des super-ordinateurs, dont les applications peuvent être militaires. On cite souvent l'exemple des calculs pour la simulation de frappes nucléaires chinoises. Elle ne pourra pas produire non plus ses propres semi-conducteurs de pointe, dont les puces mémoires. Des technologies qui lui permettraient d'améliorer les systèmes d'informations militaires et la surveillance de masse qu'elle exerce sur sa population, c'est l'argument avancé par Washington.

 

Mais il n'y pas que le secteur de la défense qui est concerné. Les semi-conducteurs dernière génération sont essentiels dans les centres de données des géants de la tech chinoise comme AliBaba, Baidu ou Tencent. Les actions de ces groupes ont toutes dévissées en bourse, comme celles des fabricants chinois de semi-conducteurs.

Cette décision de Washington est un coup dur pour les ambitions de Pékin dans ce secteur stratégique, qui pèse plus de 680 milliards de dollars 

Il faut savoir que la Chine achète à l'étranger le gros de ses besoins en semi-conducteurs. Pour donner un ordre d'idée, le pays a importé en 2021 pour 350 milliards de dollars de ces puces. Cela représente 13% de ses importations. Des composants essentiels pour l'industrie automobile, l'aéronautique, la fabrication des appareils électroniques, ordinateurs, smartphones… Tout ce que la Chine produit en masse.

Conscient des enjeux, Xi Jinping a lancé en 2015 le plan Made in China 2025 dont l'ambition était de faire de la Chine une grande puissance technologique, avec pour objectif de produire localement 75% des puces qu'elle utilise. Mais à trois ans de l'échéance, elle n'en produit que 15%. Pékin est donc plus que jamais dépendant de l'étranger pour ses semi-conducteurs.

Cette offensive américaine n'est qu'une nouvelle étape dans la stratégie de la Maison blanche de contenir les ambitions chinoises dans ce secteur

L'épidémie de Covid-19 a été un électrochoc en révélant à quel point le monde était dépendant de quelques fabricants de semi-conducteurs principalement basés en Asie. On a vu les dégâts sur les chaines d'approvisionnements et les conséquences dans l'industrie automobile notamment. Les Américains, mais aussi les Européens, ont bien retenu la leçon et décidé d'investir massivement pour relocations de la fabrication des semi-conducteurs aux États-Unis et dans l'Union européenne. 50 milliards de dollars de fonds publics pour le Chips Act américain, 40 milliards pour le plan européen. Les États-Unis qui ont également lancé un nouveau front avec le « Chip 4 », une alliance avec trois autres pays-clefs : Taïwan, la Corée du Sud et le Japon. L'objectif est de mieux repartir la production mondiale de semi-conducteurs, ils s'agit de convaincre ces pays de construire les unités de production de demain sur le sol américain, une démarche très mal vue par les Chinois. 

 

Rfi

 

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