Ordre a été donné par le gouvernement congolais aux autorités minières présentes à la frontière avec la Zambie de ne plus délivrer d’autorisation d’exportation pour autre chose que du cuivre et du cobalt transformés. Kinshasa compte sur l'exportation de produits à haute valeur ajouté - donc transformés localement - pour accélérer son remboursement d'une dette de 6 milliards de dollars.

Le gouvernement congolais vient de mettre en demeure le conglomérat sino-congolais Sicomines de cesser d’exporter du cuivre et du cobalt non transformé. Le but de la manœuvre : contraindre ainsi le minier à raffiner sa production sur place et à n’exporter que des marchandises à haute valeur ajoutée, ce qui contribuerait à assurer le rapide remboursement du prêt de 6 milliards de dollars contracté par la RDC pour la mise en place d’infrastructures, a expliqué à Bloomberg le ministre congolais des Mines, Martin Kabwelulu.

En 2007, Pékin et Kinshasa avaient en effet signé un accord selon lequel les entreprises chinoises s’engageaient à construire des équipements, comme des hôpitaux et des routes, financés par des banques chinoises en échange de ces métaux utilisés notamment pour les batteries rechargeables.

Plus d’autorisation d’exportation

Sicomines exploite les mines à ciel ouvert de Dikuluwe et Mashamba West,  un projet minier qui a nécessité un investissement de 3,2 milliards de dollars et représente un quart du concentré de cuivre et 5 % des exportations de cuivre-cathode de la RDC en 2016. Sur le premier semestre 2017, le conglomérat détenu à 68 % par Sinohydro Corp. et China Railway Construction a exporté 115 000 tonnes de concentré de cuivre et 20 000 tonnes de cathode de cuivre.

Mais pour Martin Kabwelulu, qui entend mettre un terme à ces pratiques, les plus gros volumes exportés par Sicomines sont constitués de métaux non raffinés. Ordre a donc été donné aux autorités minières locales de ne plus délivrer d’autorisation d’exportation pour autre chose que du cuivre et du cobalt transformés. 68 camions auraient ainsi été empêchés de rejoindre la Zambie voisine.

Pénurie d’électricité

En 2013, la RDC avait déjà interdit l’exportation de concentrés de cuivre et de cobalt, mais avait à plusieurs reprises repoussé sa mise en application, car le pays ne produisait pas assez d’énergie pour permettre une transformation locale. Mais les plus gros miniers, tels que Glencore et China Molybdenum Co, transforment déjà localement leur production.

Sinohydro et China Railway ont investi 660 millions d’euros pour la construction de la centrale hydraulique de Busanga, d’une capacité de 240 MW, qui permettra d’augmenter le raffinage local de cuivre jusqu’à 400 000 tonnes et de répondre aux besoins de Sicomines. « Nous sommes actuellement en contact avec le ministère pour débloquer la situation », a confié à Bloomberg le directeur-général adjoint de la compagnie, Jean Nzeng, pour qui il n’y a « pas de problème majeur ».

 

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