Le président de la Commission européenne Jean-Claude Junckrer, lors d'une conférence de presse lors du sommet UE-Balkans occidentaux à Sofia, le 17 mai 2018.

Le sommet de l'UE consacré aux Balkans occidentaux à Sofia a été dominé par les relations transatlantiques et principalement par les conséquences du retrait américain de l'accord sur le nucléaire iranien. Avec l'annonce des premières mesures concrètes prises par les Vingt-Huit pour soutenir les entreprises européennes qui continueront à travailler en Iran. Parmi ces mesures, le recours à la loi de blocage de 1996. La Commission européenne enclenchera le processus dès demain matin, a annoncé Jean-Claude Juncker.

C’est le principal acte concret en effet destiné à préserver les intérêts des entreprises européennes. Ce processus de blocage appelé « blocking status » a été créé par les Européens en 1996, dans des circonstances similaires puisqu’il s’agissait à l’époque de contourner des sanctions américaines sur Cuba. Mais il n’a jamais été utilisé, car un accord avait été trouvé avec Washington.

Dans ses grandes lignes, le mécanisme permet dans un premier temps à l’Union européenne de compenser financièrement les pertes subies par les entreprises en raison des sanctions. Ensuite, l’Union européenne porte l’affaire devant l’OMC, qui peut demander aux Etats-Unis réparation du préjudice causé à l’UE.

Autre mesure annoncée, le soutien de la Banque européenne d’investissement qui va aider les entreprises dans le développement de leurs activités en Iran.

Pas de mesure de rétorsion en revanche contre les entreprises américaines. Quels que soient les moyens dont disposent réellement les Européens face aux Américains, il n'est de toute façon pas question de déclencher une guerre commerciale avec les Etats-Unis, le président français a insisté sur ce point.

Cela vaut aussi pour la réponse à apporter à la menace des droits de douane que Washington veut imposer à l'acier et à l'aluminium européens : les Vingt-Huit sont d'accord pour demander à Washington une exemption permanente de ces droits. En contrepartie: la poursuite des discussions commerciales transatlantiques, comme la réforme de l'OMC voulue par les Américains, la question des normes et des régulations et une plus large ouverture du marché européen dans certains secteurs.

Pour Emmanuel Macron ces deux sujets constituent un test de souveraineté pour l'Europe. Test réussi, estime le président, car les Vingt-Huit ont parlé d'une seule voix et d'une voix ferme.

Reste à savoir quelle sera l'efficacité des mesures annoncées. « Face aux Etats-Unis, nous devons agir », a déclaré le président Juncker en conclusion du sommet de Sofia.

Avec RFI

 

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