Félix Tshisekedi, le nouveau président de la République démocratique du Congo, souhaite construire cinq nouvelles retenues d'eau sur des affluents du fleuve Congo. De quoi produire près de 44 000 MW au total, soit l'équivalent de 40 réacteurs nucléaires.

« L'eau et l'électricité restent une bataille à gagner par tous les moyens disponibles ». C'est par ces mots que Félix Tshisekedi a résumé sa stratégie énergétique pour les années, et même les décennies à venir. Intervenant lors de la cérémonie de clôture de la 7e édition de l'Africa CEO Forum, réunie à Kigali, au Rwanda, fin mars dernier, le président récemment élu de la République démocratique du Congo s'est fait le porte-parole du potentiel hydroélectrique de son pays.

« Je pense que, si Inga se développe dans toutes ses phases, donc jusqu'à la phase 8, nous aurons 44 000 MW à fournir ». Soit l'équivalent de plus de deux fois la production du barrage des Trois Gorges, en Chine ; ou de 40 réacteurs nucléaires, sous forme d'énergie renouvelable. « D'autre part, nous avons plus de 200 sites à l'intérieur de la RDC qui peuvent également fournir de l'énergie. Mis ensemble, on arriverait à peu près à 60 000 MW ». Ce qui ferait de la RDC le leader continental en matière de production d'hydroélectricité.

Pour autant, en ce qui concerne le méga-projet de barrages Grand Inga, les chiffres sont pour l'instant encore modestes. De cette série de retenues d'eau situées dans l'ouest de la RDC, à 150 kilomètres en amont de l'embouchure du fleuve -qui se jette dans l'Océan Atlantique Sud- et à 225 kilomètres au sud-ouest de la capitale Kinshasa, seuls Inga I (351 MW, lancé en 1972) et Inga II (1.424 MW, inauguré en 1982) sont achevés ; mais ils ne fonctionnent pas à pleine puissance. Avec sa capacité de 3 500 MW, Inga III est quant à lui toujours à l'état de projet. Quant aux cinq autres barrages, ils ne sont encore qu'une hypothèse.

La RDC, fournisseur d'électricité

Pourtant, le potentiel est là. Le Congo est le second plus long fleuve d'Afrique, après le Nil, avec un débit de 42 000 m3/seconde. Ses nombreux affluents offrent également d'importantes opportunités. « L'hydroélectricité est une technologie dans laquelle le monde doit s'impliquer, parce qu'il faut préserver l'environnement et éviter les énergies fossiles. Le Congo offre une énorme potentialité dans ce sens. Nous avons dans le développement des barrages Inga une possibilité de distribuer l'énergie à toute l'Afrique », a insisté Félix Tshisékédi lors de son allocution à Kigali. Selon le président de la RDC, ce surplus d'énergie pourrait même régler certains problèmes de voisinage, comme celui que rencontrent actuellement l'Égypte et l'Éthiopie à propos du barrage de la Renaissance. Situé sur le Nil bleu, il sera le plus puissant d'Afrique, avec 6.000 MW. Mais ses conséquences sur le débit du Nil inquiète Le Caire.

Les voisins directs de la RDC ne sont pas les seuls intéressés par le potentiel du fleuve Congo. L'Afrique du Sud, qui produit l'essentiel de son électricité grâce au charbon, compte bien elle aussi se fournir auprès de Kinshasa. Un accord a même été signé en 2014, pour une mise en chantier en 2017. Mais aujourd'hui, Inga III est toujours au point mort, même si les études de faisabilité et d'impact environnemental ont été réalisées. Les financements manquent, et l'instabilité chronique de la RDC n'aide pas à mobiliser les investisseurs. S'il paraît très ambitieux, le projet du président Tshisékédi est pourtant considéré comme l'un des dix projets exemplaires de transformation pour l'Afrique, selon le G20 et les banques de développement.

Avec Tribune Afrique

 

 

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