Quarante organisations de la société civile congolaise plaident pour la suspension du projet hydroélectrique Inga III, jusqu’à l’obtention des garanties de bonne gouvernance. Au cours d’une conférence de presse organisée mardi 18 septembre à Kinshasa, elles se sont dit préoccupées par le manque de transparence et de surveillance démocratique de ce projet.

« Les 40 organisations demandent que ce projet soit suspendu. Nous n’avons pas d’informations sur les différents contrats. Le projet a quitté, le gouvernement, puis le parlement pour se rattacher à la présidence de la République », a dénoncé Me Jean Keba de l’Association africaine de défense des droits de l’homme (ASADHO).

Pour lui, il ne faudrait pas que la RDC ressorte perdante dans cette affaire comme ce fut le cas avec les projets Bukanga Lonzo, Inga I et Inga II.

Ces projets ont coûté trop cher au pays sans répondre aux attentes de la population, estime Me Jean Keba.

« Nous avons tiré l’expérience de la gestion d’autres projets aussi importants comme celui de Bukanga Lonzo. Des dizaines de millions de dollars américains ont été dépensés dans ce projet, non prévu dans le budget. Il a été géré dans la même opacité que nous observons aujourd’hui. Et pendant ce temps, la République est devant l’arbitrage international pour payer aux partenaires de l’Afrique du Sud 19 millions USD », a regretté Me Jean Keba.

Au mois d’août dernier, cent trois ONG œuvrant dans le secteur de la gouvernance des ressources naturelles avaient aussi dénoncé le manque de transparence dans la réalisation du projet grand Inga ou Inga III, dans la province du Kongo Central. Elles dénonçaient des « obstacles liés à l’accès à l’information publique et à la gestion opaque du projet de construction du barrage hydroélectrique Inga III. »

Ce barrage devra produire 4 800 MW (l'équivalent d'environ trois réacteurs nucléaires EPR de troisième génération) dans un pays où moins de 10% des habitants ont accès à l'électricité. Si le projet se concrétise enfin, la population congolaise ne devrait cependant pas bénéficier beaucoup de la lumière produite par Inga III.

L'Afrique du Sud a en effet signé une option préférentielle pour récupérer 2 500 MW et la majeure partie du reste de la production est censée aller vers les groupes miniers du Katanga (Sud-Est), handicapés dans leur activité par une pénurie chronique d'énergie.

A la mi-2016, la Banque mondiale avait brutalement suspendu sa participation au projet (sous forme d'un don de plusieurs dizaines de millions de dollars), reprochant aux autorités d'avoir donné "au projet une orientation stratégique différente" de ce qui avait été convenu initialement.

Avec Radio Okapi

 

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