Après plus de 20 ans, la République Démocratique du Congo recourt à nouveau aux bons du Trésor pour financer son budget national. Le vice-ministre des Finances, Junior Mata M’Elanga, l’a fait savoir, au cours de la lecture du communiqué  annonçant  la publication de la première adjudication des titres des bons du Trésor. Un acte qui justifie que l’actuel leadership à la tête du ministère des Finances est en train de travailler durement pour rationaliser l’économie congolaise.

Selon le vice-ministre des Finances, il s’agit d’une opération qui consiste, pour l’Etat congolais, à se ressourcer auprès des privés afin de booster son système budgétaire. C’est une mesure légale interrompue, malheureusement, depuis belle lurette à cause notamment des contraintes sécuritaires et économiques.
« C’est depuis 1995 que le gouvernement congolais n’a plus émis des titres d’emprunt sur le marché intérieur », a-t-il relevé, en précisant que « la situation politique et sécuritaire de l’époque, couplée à un contexte économique difficile ne permettait plus la poursuite de ces opérations ».

En décidant de relancer les bons du Trésor et les Obligations du Trésor, après plus de deux décennies, l’actuel régime s’écarte donc de toute idée de recourir à l’endettement extérieur, du reste, trop exigeant ou encore au financement monétaire par la banque centrale. Convaincu que le manque de confiance vis-à-vis de l’Etat pourrait se présenter comme obstacle à ces opérations,  Junior Mata M’Elanga a rassuré les uns et les autres du respect des engagements de son ministère qui,  avec la Banque centrale du Congo (BCC), a organisé le vendredi 4 octobre au Kempiski Fleuve Congo Hôtel de Kinshasa la cérémonie devant donner le go du lancement des premières adjudications sur ces titres d’emprunt.
Le gouvernement congolais veut ainsi lever sur le marché local un montant de 150 milliards de FC, soit 89 millions USD au titre d’émission des Bons du Trésor.

Les différents avantages

« Aujourd’hui, j’ai l’honneur de vous informer que le ministère des Finances procède, ce vendredi 4 octobre 2019, à la publication de la première annonce d’adjudication. Ces premières adjudications auront lieu le lundi 7 octobre 2019 », indique le message du vice-ministre des Finances, Junior Mata M’Elanga, en indiquant que le gouvernement de la République a décidé de lancer les Bons du Trésor et les Obligations du Trésor « pour, d’une part, diversifier ses sources de financement et, d’autre part, mettre à la disposition des agents économiques un instrument additionnel de placement de leurs excédents ».

Le programme des émissions des Bons du Trésor prévoit l’émission de 4 bons du Trésor en octobre 2019, pour un montant total de 48 milliards FC ; 4 autres Bons du Trésor en novembre 2019, pour un montant de 36 milliards FC ; et 5 Bons du Trésor en décembre 2019, pour un montant total de 66 milliards FC.

« Je sollicite en ce jour votre adhésion à ce nouvel instrument de financement de notre économie. Je voudrais, par cette même occasion, vous rassurer que le gouvernement a pris toutes les dispositions pour garantir le bon déroulement de ces opérations », a ajouté le vice-ministre des Finances, avant de marteler sur les avantages à la souscription à ces bons du Trésor.
Premièrement, a-t-il précisé, le Décret n°18/025 du 11 juin 2018 fixant les modalités d’émission et de remboursement des Bons du Trésor et obligations du Trésor, qui crée ce nouveau marché, prévoit le débit automatique du Compte Général du Trésor.

« Par conséquent, il est prévu le crédit automatique des comptes courants des souscripteurs qui détiennent les valeurs concernées. Ce mécanisme a été prévu pour éviter toute accumulation d’arriérés. Soyez rassurés de la détermination du ministère des Finances à respecter cet engagement. Il s’agit, en effet, d’un défi majeur que nous ne pouvons ignorer eu égard à la nécessité de renforcer la confiance en la signature de l’Etat », rassure-t-il.

Deuxièmement, les intérêts perçus par les souscripteurs sont « défiscalisés » et le gouvernement s’engage à ne pas modifier cette disposition de la Loi de finances. « Troisièmement, les titres sont dématérialisés, exclusivement inscrits en comptes-titres, ce qui exclut le risque de perte de ces valeurs. Quatrièmement, et enfin les titres sont négociables afin de permettre aux agents économiques de récupérer  éventuellement leurs ressources avant l’échéance », a souligné Junior Mata, pour rassurer les souscripteurs à ces bons du trésor.

Pour un enseignement gratuit en RDC

Signalons, par ailleurs, que le ministère des Finances a décaissé le samedi 05 octobre 2019, une enveloppe complémentaire à hauteur de 41 milliards de Francs congolais pour le paiement du mois de septembre en vue de l’effectivité de la gratuité de l’enseignement de base, a confié le vice-ministre des Finances. Une nouvelle qui pourrait faciliter la reprise des activités scolaires dans certaines écoles, où les enseignants sont en grève depuis le début de cette année scolaire, exigeant le paiement de leurs salaires.

Par Carroll Madiya

 

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