Les estimations de la croissance économique, sur base des réalisations de la production à fin juin 2018, renseignent un relèvement de l’activité économique nationale à 4,1% en 2018 contre une réalisation de 3,7% en 2017. Ce constat a été fait, le mardi 20 octobre dernier, au cours d’une réunion ordinaire du comité de politique monétaire, présidée par le Gouvernement de la Banque centrale du Congo (BCC), Deogratias Mutombo Mwana Nyembo. Cette légère expansion de l’économie reste imputable au dynamisme de l’activité économique dans le secteur primaire, principalement les industries extractives. Orly-Darel NGIAMBUKULU

BANQUE CENTRALE DU CONGO 
COMITE DE POLITIQUE MONETAIRE
Kinshasa, République Démocratique du Congo

COMMUNIQUE DE PRESSE
Le Comité de Politique Monétaire a tenu, ce mardi 30 octobre 2018, sa réunion ordinaire, sous la présidence de Monsieur Déogratias MUTOMBO MWANA NYEMBO, Gouverneur de la Banque Centrale du Congo.
Comme à l’accoutumée, trois temps majeurs ont caractérisé cette réunion, à savoir (i) l’analyse des développements économiques récents ainsi que les risque, à court terme, (ii) le comportement des instruments de politique monétaire au mois de septembre et octobre 2018 et (iii) la décision relative à l’orientation de la politique monétaire au cours de prochains mois.
Il se dégage de l’examen de la conjoncture économique ce qui suit :

Au plan extérieur
Dans ses perspectives économiques mondiales publiées au mois d’octobre 2018, le FMI a revu la croissance économique mondiale à la baisse, la fixant à 3,7 % en 2018 et 2019, soit un niveau identique à celui de 2017 et une contraction de 0,2 point par rapport aux prévisions initiales. Ce résultat est consécutif notamment au ralentissement de l’activité économique observé au début de l’année en cours dans certains grands pays avancés, conjugué aux effets de la mise en application de mesures protectionnistes ainsi qu’au durcissement des conditions financières.
Il convient de souligner que, bien que la croissance économique mondiale semble marquer le pas, elle demeure solide par rapport au niveau réalisé aux premières années qui ont suivi la crise financière internationale de 2008-2009. Cependant, la possibilité d’une révision à la hausse de la croissance mondiale au cours des prochaines années a diminué, sur fond de l’intensification des incertitudes et de la matérialisation de certains risques.
Par ailleurs, les cours des principales matières premières exportées par la RDC ont globalement connu une évolution haussière au cours de la période sous analyse. Le cours du cuivre s’est fixé, au 26 octobre 2018, en moyenne à 6.224,55 USD la tonne métrique contre 6.011,1 USD et 6.045,54 USD réalisés, respectivement en septembre et août 2018. Quant aux cours du cobalt et du pétrole, ils ont atteint respectivement 73.951,43 USD la tonne et 81,3 USD le baril au 26 octobre 2018. S’agissant particulièrement du cours du pétrole, la hausse observée en septembre et octobre 2018 est alimentée notamment par les craintes sur la baisse de l’offre mondiale avec l’entrée en vigueur des sanctions américaines sur les importations du pétrole iranien.

Au plan intérieur
Les estimations de la croissance économique, sur base des réalisations de la production à fin juin 2018, renseignent un relèvement de l’activité économique à 4,1 % en 2018 contre une réalisation de 3,7 % en 2017. Cette légère expansion de l’économie reste imputable au dynamisme de l’activité économique dans le secteur primaire, principalement les industries extractives.
En dépit de cette amélioration, les chefs d’entreprises demeurent moins optimistes quant à l’évolution de la conjoncture économique à court terme. En effet, leur solde global d’opinions s’est établi à -3,1 % au mois d’octobre contre -1,0 % et 1,8 %, respectivement en septembre et août 2018.
Le marché des biens et services reste caractérisé globalement par la poursuite du ralentissement du rythme de formation des prix observé depuis le début de l’année. Toutefois, au cours de la période sous examen, il s’est observé une légère accélération des prix, situant le taux d’inflation à 0,417 % et 0,207 %, respectivement en octobre et septembre 2018 contre 0,173 % réalisé au mois d’août dernier. En glissement annuel, à la troisième semaine du mois d’octobre 2018, le taux d’inflation s’est situé à 14,532 % et en annualisé, il se fixerait à 7,555 % contre un objectif à moyen terme de 7,0 %.
En ce qui concerne les finances publiques, il importe de souligner l’accentuation du déficit public depuis le début du second semestre 2018. Cette situation est expliquée par la forte hausse des dépenses, notamment celles liées au processus électoral, dans un contexte de faible mobilisation des recettes. Ainsi, l’exécution des opérations financières de l’Etat s’est clôturée par un important déficit de 256,5 milliards de CDF au mois d’octobre 2018 contre celui de 44,5 milliards enregistré le mois précédent. Toutefois, le solde cumulé à fin octobre 2018 affiche un excédent de 79,7 milliards de CDF.
Le marché des changes continue d’accuser une stabilité sur ses deux segments. En effet, le taux de change s’est situé, au 26 octobre 2018, à 1.632,23 CDF et 1.647,33 CDF le dollar américain, respectivement à l’interbancaire et au parallèle, enregistrant des dépréciations annuelles de 2,48 % et 1,94 %. Les réserves de change ont fléchi à 1,00 milliard de USD, un niveau correspondant à 4 semaines et 2 jours d’importations des biens et services sur ressources propres. En outre, le CPM a noté une forte consommation des devises au second semestre de l’année, soit 183,5 millions de USD.
S’agissant du secteur monétaire, l’évolution des agrégats monétaires renseigne une augmentation annuelle de la base monétaire de 24,8 %, expliquée par une hausse des avoirs extérieurs nets (AEN), en dépit d’un recul des avoirs intérieurs nets (AIN). L’encours du Bon BCC s’est maintenu à 18,0 milliards de CDF, occasionnant une injection annuelle de 17,0 milliards.
Eu égard à ce qui précède et compte tenu de l’environnement globalement stable en termes des perspectives, le dispositif actuel de la politique monétaire de la BCC a été maintenu inchangé. Ainsi, le taux directeur actuel de la politique demeure à 14%.
Quant aux coefficients de la réserve obligatoire sur les dépôts en devise à vue et à terme, ils sont maintenus respectivement à 13,0 % et 12,0 % et ceux pour les dépôts en monnaie nationale à vue et à terme à 2,0 % et 0,0 %. Le Bon BCC sera éventuellement utilisé en vue des ajustements urgents de la liquidité.

Avec Forum des As

 

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