Pas de changement sur le front de la politique monétaire. C'est ce qui ressort de la 6ème réunion ordinaire du Comité de Politique Monétaire tenue hier mercredi 24 juillet sous la présidence du Gouverneur de la Banque centrale du Congo. Les dispositifs de la politique monétaire sont donc maintenus.

BANQUE CENTRALE DU CONGO

COMITE DE POLITIQUE MONETAIRE

Kinshasa, République Démocratique du Congo

Le Comité de Politique Monétaire (CPM) a tenu sa sixième réunion ordinaire, ce mercredi 24 juillet 2019, sous la présidence de Monsieur Déogratias MUTOMBO MWANA NYEMBO, Gouverneur de la Banque Centrale du Congo.

Cette séance de travail a procédé à l'examen de la conjoncture économique et financière récente aux plans extérieur et intérieur ainsi que les facteurs de risque susceptibles d'influer négativement sur les perspectives à court terme en matière de stabilité des prix, avant d'adopter des orientations de la politique monétaire et de change.

De cette analyse, II s'est dégagé ce qui suit :

Au plan extérieur,

Aux six premiers mois de l'année 2019, les développements économiques restent marqués par le ralentissement du rythme de l'expansion mondiale, suite à l'accumulation de plusieurs risques à court terme susceptibles de perturber fortement l'activité économique et de peser sur les perspectives de développement à plus long terme. Cette évolution fait suite à l'émergence des facteurs tant géopolitiques (conflit commercial entre la Chine et les Etats-Unis, Brexit, tensions entre Bruxelles et Rome, tensions dans le Golfe Persique) qu'économiques (quasi-récession industrielle mondiale, ralentissement des créations nettes d'emploi aux Etats-Unis, inversion de la pente de la courbe des taux américains) qui ont touchés les économies avancées et émergentes.

En effet, selon les récentes estimations de la Banque Mondiale, le rythme de croissance aux États-Unis devrait fléchir à 2,5 % en 2019, puis se replier à 1,7 % en 2020. Dans la zone euro, les perspectives tablent sur un rythme de 1,4 % environ pour la période 2020-21. Dans les marchés émergents et les économies en développement, la croissance devrait retomber à 4 % en 2019, son niveau le plus bas depuis quatre ans, avant de se redresser à 4,6 % en 2020.

Dans ce contexte, les cours mondiaux des principales matières premières, notamment celles exportées par l'économie congolaise, se sont globalement repliés et le CPM a noté un fléchissement global des cours du cuivre, du pétrole ainsi que de l'or d'un mois à l'autre.

Au plan intérieur,

Les dernières estimations effectuées sur base des réalisations à fin mars 2019 tablent sur un taux de croissance de 5,6 % en 2019 contre une réalisation de 5,8 % en 2018, en raison du ralentissement des activités dans les industries extractives. Ce ralentissement de l'activité économique, fortement corrélée à l'évolution des cours mondiaux de matières premières, est confirmé par le solde brut d'opinions des chefs d'entreprises, qui a fléchi à +6,1 % en mai 2019 contre +10,4 % un mois auparavant, alors qu'il était de +19,2 % en mars.

Sur le marché des biens et services, le mois de juin 2019 a été marqué par le ralentissement du rythme de formation des prix par rapport au mois précédent, attesté par un taux d'inflation de 0,349 % contre 0,380 % réalisé en mai 2019. En Cumul annuel, l'inflation s'est établie à 2,096 % contre 5,206 % à la période correspondante de 2018 et en glissement annuel, elle est ressortie 4,058 %. Toutes choses restant égales par ailleurs, l'inflation se situerait à 4,236 % à fin décembre 2019 face à un objectif d'inflation de moyen terme de 7,0 %.

A la troisième semaine du mois de juillet 2019, l'inflation, mesurée par la variation de l'indice des prix à la consommation, s'est établie à 0,027 % contre 0,075 % une semaine plus tôt.

Sur le plan des finances publiques, le mois de juillet devrait conduire à l'ancrage budgétaire, vue la nécessité de reconstituer les marges. Par ailleurs, le lissage du solde budgétaire contribuera au maintien de la stabilité du cadre macroéconomique.

Sur le marché des changes, une stabilité relative a été notée sur les deux segments de ce marché. En effet, le taux de change a oscillé autour de 1.645,40 CDF le dollar américain à l'interbancaire et de 1.672,67 CDF au parallèle, enregistrant des dépréciations mensuelles respectives de 0,21 % et de 0,34 %. Au 19 juillet courant, le taux de change s'est fixé à 1.648,91 CDF et 1.674,67 CDF le dollar américain à l'indicatif et au parallèle, soit des taux de déprécation respectifs de 0,18 % et 0,12 % par rapport à fin juin 2019. En rythme annuel, la monnaie nationale s'est dépréciée de 0,81 % à l'indicatif alors que sur le marché parallèle, il s'est observé une légère appréciation de 0,02 %.

Quant à l'exécution du budget en devises, au 28 juin 2019, elle s'est clôturée par un déficit mensuel de 26,81 millions de USD contre un excédent prévisionnel de 64,61 millions, ramenant les réserves de change à 1.033,58 millions de USD, soit un niveau correspondant à 4,0 semaines d'importations de biens et services sur ressources propres.

Au niveau du secteur monétaire, il a été observé une progression mensuelle de la base monétaire de 59,1 milliards de CDF d'un mois à l'autre, la situant à 2.914,8 milliards à fin juin 2019. Cette augmentation de la monnaie centrale s'explique par l'augmentation des avoirs intérieurs nets de 59,0 milliards tandis que les avoirs extérieurs nets ont baissé de 23,00 milliards de CDF.

Au 18 juillet 2019, le bilan monétaire de la BCC renseigne une progression hebdomadaire de la base monétaire de 44,6 milliards de CDF, la situant à 2.939,9 milliards. Cette tendance est expliquée principalement par la hausse des avoirs extérieurs nets de 46,2 milliards de CDF, tandis que les avoirs intérieurs nets se sont légèrement contractés de 1,5 milliard. Quant au Bon BCC, son encours global au 17 juillet 2019 est demeuré à son niveau de la semaine précédente, soit 51,5 milliards CDF. Comparativement à fin décembre 2018, il se dégage une ponction annuelle de 9,0 milliards.

Au regard de toutes ces évolutions et après examen des facteurs tant interne qu'externe pouvant affecter négativement la stabilité du cadre macroéconomique, le Comité de Politique Monétaire (CPM) a décidé de maintenir inchangé les dispositifs actuels de sa politique monétaire. Ainsi, le taux directeur demeure à 9,0 %. Les coefficients de la réserve obligatoire sur les dépôts en devises à vue et à terme sont maintenus respectivement à 13,0 % et 12,0 % et ceux pour les dépôts en monnaie nationale à vue et à terme à 2,0 % et 0 %. Le Bon BCC continuera à être utilisé pour réguler la liquidité. Fait à Kinshasa, le 24 juillet 2019

 

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