Le gouverneur de la Banque centrale du Congo a dressé le bilan de la situation économique et financière ainsi que de la stabilité financière de son institution en 2018. Déogratias Mutombo a relevé que le secteur financier congolais a évolué dans un cadre macroéconomique stable, favorable aux opérations bancaires. Le patron de l’Institut d’émission s’exprimait ainsi au cours de la cérémonie d’échange de vœux 2019, organisée par l’Association des banques congolaises le week-end dernier à Kinshasa.

Parlant des perspectives, en 2019, les politiques économiques qui seront mises en œuvre par le Gouvernement devraient viser à atténuer les risques, de manière à consolider la reprise actuelle et à rehausser les perspectives de croissance à moyen terme. Il est convaincu cependant que la politique fiscale devrait alimenter suffisamment le budget de l’Etat en ressources nécessaires pour un financement adéquat des infrastructures, de la santé et de l’éducation.

Pour le gouverneur de la BCC en effet, il est nécessaire de mettre en œuvre les réformes déjà bien conçues, visant l’amélioration de la mobilisation des recettes publiques par la lutte contre la fraude fiscale et la fuite illicite des flux financiers qui plombent notamment l’économie nationale.

Consolider la stabilité financière 

Pour consolider la stabilité financière, la BCC, a souligné son patron, poursuivra le renforcement de son dispositif de contrôle et de surveillance des banques et des autres établissements de crédits. A ce sujet, Déogratias Mutombo est d’avis que la mise en place du cadre de surveillance macro-prudentielle utilisant des modèles d’alerte précoce et de production automatique des rapports d’évaluation de la stabilité financière, permettra d’améliorer l’évaluation des risques systémiques et d’être proactifs. L’objectif étant d’avoir un système bancaire congolais financièrement solide pour participer au financement de l’économie, a souligné le numéro 1 de la BCC.

« En 2019, l’Institut d’émission va s’atteler à consolider la stabilité monétaire actuelle en maintenant une parfaite et permanente coordination des politiques monétaires et budgétaires, dans le cadre de la poursuite de la mise en œuvre des mesures de stabilisation », a promis Déogratias Mutombo. Selon lui, avec une politique monétaire prudente, l’Institut d’émission tiendra toujours à ce que la croissance de la masse monétaire reste compatible avec l’objectif du taux d’inflation inférieur ou égal à 7%.

Les défis majeurs des banques en RDC 

Pour sa part, le président de l’Association Congolaise des Banques (ACB), YVES CUYPERS a insisté sur les trois défis majeurs auxquels le système financier congolais doit faire face tant, pour son existence que pour son développement. Il s’agit des défis technologiques, celui de la capacité des banques à rencontrer les critères de renforcement de leur couverture des risques et celui de la gouvernance.  Ces défis, a-t-il reconnu, sont très grands pour tout le secteur bancaire et pour tous les acteurs du secteur sans exception aucune.

Aussi, ils sont importants et fondamentaux comme au moment où l’informatique est entrée dans leurs métiers dans les années 80 ou encore lorsque le système financier est devenu, à cause de cette informatique, un véritable écosystème mondial". S’agissant du défi technologique, Yves Cuypers a expliqué que c’est un défi de société et de civilisation. « Nous n’avons pas d’autres choix que celui de l’adaptation. Nous entrons dans un monde dématérialisé, qui porte des noms bizarres : monnaie électronique, virtuelle, Bitcoins, Smartphone, Banque digitale, mobile paiement, etc.

Non seulement nous entrons dans un monde qui porte des noms bizarres, mais aussi nous avons de nouveaux acteurs qui ne sont pas des banques. Je pense ici aux sociétés de Télécoms qui deviennent des banques. Nous attendons maintenant que des banques deviennent des sociétés de télécoms », a-t-il renchéri avec une pointe d'humour. Par ailleurs, le deuxième défi porte sur la capacité des banques à rencontrer les critères de renforcement et de leur couverture d’un tas de risques.

« Pour pouvoir renforcer notre capacité à couvrir et à absorber des risques, il nous est demandé de renforcer, à juste titre, notre solvabilité sur le modèle des banques de la zone OCDE. C’est ce qu’on appelle l’enjeu des critères de Bal », a mentionné Yves Cuypers.  D’après lui, les banques congolaises et leurs actionnaires vont devoir fournir des efforts importants pour rencontrer ces critères dont la composition ou la façon dont on les calcule n’est peut-être pas adaptée à la réalité de leur environnement.

Enfin, le troisième défi évoqué porte sur la gouvernance et la transparence, qui sont les deux fondements indispensables pour un secteur bancaire mature et crédible.  A en croire Yves Cuypers, la gouvernance est la clé des bonnes relations que le secteur doit avoir avec les banques correspondantes, particulièrement celles qui opèrent en dollars américains.

Pour y arriver, le patron des banques commerciales a sollicité l’appui de l’autorité monétaire. « On ne peut pas y arriver tout seul sans la banque centrale, sans les politiques dont nous attendons davantage d’écoute sur certaines instructions, en tenant compte de nos réalités et pas de réalités de telle ou telle zone économique », a-t-il conclu.

Mathy Musau/Forum des As 

 

 

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