* Présentant hier, le programme présidentiel accéléré, le chef de l'Etat s'engage à mettre fin à la misère de 25 millions de Congolais durant son quinquennat.

Le Président congolais Félix Tshisekedi a lancé hier mercredi 16 octobre, son ambitieux "Programme accéléré de lutte contre la pauvreté et les inégalités" dans le pays. La cérémonie s'est déroulée au pittoresque lac Ma Vallée, situé dans la commune de Mont- Ngafula, en présence d'un parterre d'invités triés sur le volet. Parmi eux, les chefs des corps constitués, des membres des deux chambres du Parlement et des ambassadeurs en poste à Kinshasa.

Félix Tshisekedi précise que son Programme poursuit deux objectifs. D'abord, réduire les inégalités sociales. Ensuite, accélérer les programmes traditionnels porteurs des résultats plus lents. Convaincu qu'il ne peut rien faire tout seul, le Chef de l'Etat congolais a dit vouloir s'assurer que l'Exécutif ayant la charge de la gestion quotidienne du pays, partage cette vision qui a non seulement l'ambition de soulager les Congolais, mais aussi de les sortir de leur misère chronique. " L'accélération de la réduction de la pauvreté est à ce prix ", a-t-il souligné.

Du début à la fin de son discours, le président congolais est revenu environ vingt-six fois sur le mot "pauvreté". Une répétition certes expresse, mais qui traduit suffisamment l'ampleur de la situation dans un pays à la fois jugé comme celui de toutes les potentialités et de tous les paradoxes. De bout en bout, l'énoncé du lac de Ma Vallée est teinté de bonnes intentions. De quoi faire miroiter l'embellie aux Congolais des villes et des milieux urbains. Pourvu que des actes concrets suivent.

INVESTIR DANS L'AGRICULTURE

Des friands d'analyse de contenu auront constaté que Félix Tshisekedi a brossé le tableau synoptique de la pauvreté en RD Congo. Rien d'étonnant. Sinon, comment comprendre que dans un pays entouré de plusieurs cours d'eaux, la desserte en eau potable soit très largement en deçà des attentes, soit 26% seulement sur l'ensemble du pays ? Comment comprendre aussi que dans un pays considéré comme un don divin, doté d'une puissance hydroélectrique, moins de 10% seulement de la population bénéficie de l'énergie électrique ?

Quand le Chef de l'Etat déclare à haute et intelligible voix : " Nos populations n'ont rien à faire des réunions interminables, tables rondes, forums ou sommets qui traitent des questions du développement et de lutte contre la pauvreté dans le monde non assortis de solutions idoines ", il a mille et une fois raison. Ce, dans la mesure où depuis les années Mobutu, les Zaïrois d'hier, aujourd'hui Congolais, se sont rassasié des discours en très bon français académique, au point d'en ressentir l'utilité marginale. Ils sont encore plus nombreux à se souvenir du "Septennat social" de feu le maréchal Mobutu, comme si c'était hier.

L'histoire encore très récente renseigne que le pays a excellé dans l'organisation des colloques, des séminaires, des journées de réflexion, des conférences-débats, des symposiums …sur la thématique de la pauvreté. Toutes ces réunions ont eu le mérite de produire plusieurs malles de recommandations dont seuls les organisateurs savent l'usage.

Instruits par cette triste expérience du passé, plus d'un analyste estime que l'heure est aux actions concrètes. Et non aux discours de bonnes intentions. Et, par rapport à la lutte contre la pauvreté en RD Congo, des observateurs avisés sont formels qu'il faille changer de paradigme. Comme solution au problème, ils conseillent de faire de l'agriculture, le fer-de-lance de la lutte contre la pauvreté. Cela pour plusieurs raisons. La première est que la revalorisation du secteur primaire comprenant l'agriculture, la pêche et l'exploitation forestière, aura pour effets de fixer les populations autochtones dans leurs milieux de vie naturels.

A ce jour, toutes les études démographiques en RD Congo démontrent que l'arrière-pays se vide à cause de l'exode rural constant. Des populations vivant dans un état de pauvreté à la fois sévère et chronique, abandonnent les villages pour les centres urbains, dans l'espoir de trouver un emploi rémunérateur et changer leurs conditions de vie. Mais une fois arrivés en ville, elles grossissent les rangs des centaines de milliers de sans emploi !

Par ailleurs, le fait de faire de l'agriculture, la priorité des priorités-comme on l'entend très souvent dans tous les discours des acteurs politiques congolais, aurait également conséquence positive de gagner le pari de l'autosuffisance alimentaire. Hélas. Dans un contexte d'économie totalement extravertie, le Congolais importe tout ce qu'il mange. Y compris la farine de maïs. Alors que le pays couve de vastes étendues de terres arables à perte de vue. Pourtant, si l'agriculture était réellement inscrite en pôle position des priorités des dirigeants congolais, cela permettrait au pays de créer des industries de transformation locale des produits agricoles qu'on vendrait à l'étranger.

DIVERSIFIER L'ECONOMIE

Si les minerais font partie de la richesse d'un pays, certains analysent pensent non sans raison, que les pierres précieuses sont la principale cause de la pauvreté en RD Congo. Depuis des décennies, tous les gouvernements qui se sont succédés n'ont leur regard tourné que vers les gisements et autres carrés miniers, considérés comme source intarissable d'enrichissement rapide. Erreur.

Dans une économie de rente, essentiellement basée sur les minerais exportés hélas, à l'état brut, la revalorisation de l'agriculture participe justement à la diversité tant réclamée de l'économie nationale. Pour relever ce défi, le ministère de l'Agriculture, dans un pays à vocation agricole comme la RD Congo, devrait être l'un des plus grands. Ici, tout devrait d'abord partir du ministre lui-même. Ce dernier devrait prendre l'exacte mesure de la situation et faire preuve de véritable manager, en prenant des initiatives à impact visible. Malheureusement. Nombreux sont ceux qu'on nomme à la tête de ce ministère et qui le sous-estiment sans trop le manifester explicitement.

QUITTER LA PAUVRETE PENDANT SON QUIQUENNAT

Devant témoins nationaux et expatriés, Félix Tshisekedi a déclaré que concrètement, son programme cible 20 millions de Congolais vivants en milieu rural et périurbain. Selon lui, ces deniers devront quitter la pauvreté ou l'extrême pauvreté dans les cinq prochaines années. Sympathique. Ainsi, pour atteindre les objectifs poursuivis, le successeur de Joseph Kabila articule le "Programme présidentiel accéléré de lutte contre la pauvreté et les inégalités" en trois axes.

La première composante est "l'amélioration de l'accès des populations rurales et périurbaines aux infrastructures et services socio-économiques de base". Ici, Félix Tshisekedi fait savoir que le but est d’accroître l'accès de la population aux services de base. A savoir : l'habitat, l'électricité à travers la promotion des microcentrales hydroélectriques, l'eau potable, la santé et les pistes de desserte agricole.

Quant au second volet, il consiste en la promotion des économies rurales et périurbaine. Sur ce point, Fatshi entend s'assurer que ses concitoyens vivants dans les villages et les quartiers périurbains, disposent effectivement de sources de revenu améliorées et stables et qu'ils consomment au moins un repas équilibré par jour. Il précise qu'un accent particulier sera mis sur la promotion de filières agricoles inclusives.

Le troisième et dernier axe de l'ambitieux programme de Félix Tshisekedi concerne le renforcement des capacités en gestion axée sur les résultats de développement au niveau national, provincial et local. Sur ce point précis, le Chef de l'Etat précise que l'objectif est de développer une culture d'autonomie devant se traduire par l'appropriation du développement par les populations bénéficiaires, le renforcement de l'estime de soi, la méritocratie et l'attachement motivé à leur milieu de vie. Problème, quelle part réserve-t-on à l'Agriculture ? Toute la question semble être là. Ci-dessous, le texte intégral dudit discours. 

Grevisse KABREL/ Forum des As

 

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