Des mesures radicales pour déjouer une prochaine crise : voilà ce que General Motors a annoncé lundi en décidant de larguer certains modèles moins populaires et d’abolir 14 700 emplois en Amérique du Nord, soit 15 % de sa main-d’oeuvre, afin de générer des économies de 6 milliards $US par année dès 2020.

L’entreprise, soutenue de manière très importante par les gouvernements lors de la crise de 2008-2009, dit devoir réagir à un marché en évolution et souhaite se concentrer davantage sur des véhicules moins énergivores, ce qui inclut un portefeuille de voitures électriques et autonomes.

15 %
C’est la proportion de la main-d’œuvre perdue chez GM en Amérique du Nord, soit 14 700 emplois abolis.

Outre l’usine d’Oshawa, qui assemble notamment les modèles Impala de Chevrolet et le XTS de Cadillac, la compagnie fera une croix sur des usines situées à Detroit et à Warren (Ohio), de même que sur deux établissements de fabrication de pièces au Maryland (moteurs électriques et transmissions) et au Michigan (transmissions).

 

Selon la p.-d.g. de GM, Mary Barra, l’entreprise affiche un taux d’utilisation d’environ 70 % dans ses usines.

Un syndicat furieux

Le syndicat Unifor, qui a eu des discussions corsées sur l’avenir de l’usine lors des négociations de contrat de travail en 2016, a vivement dénoncé la décision de GM.

« L’usine d’assemblage d’Oshawa est l’usine la plus reconnue de GM avec une main-d’oeuvre hautement qualifiée et engagée », a affirmé le président national d’Unifor, Jerry Dias. Selon lui, l’Accord États-Unis–Mexique–Canada (AEUMC) « fournit à l’industrie automobile canadienne une base solide, de sorte qu’il est insensé de se retirer après une centaine d’années d’histoire de fabrication ».

6 milliards
Ce sont les économies annuelles, en dollars américains, que compte faire l’entreprise dès 2020.

M. Dias a dit qu’Unifor va se « battre vigoureusement pour maintenir ces emplois bien rémunérés du secteur de l’automobile ». La nouvelle survient neuf mois après qu’un investissement de 500 millions a permis de faire de l’usine la seule capable d’assembler des voitures et des camions, a ajouté le syndicat.

« C’était prévisible », a dit le chroniqueur automobile Philippe Laguë. « Il y a quelques mois, Ford a annoncé qu’elle ne construirait plus de berlines pour se concentrer sur des VUS, des multisegments, des voitures électriques et autonomes. GM est rendue là aussi, et doit carrément se réinventer, comme Ford. » GM a aussi des impératifs financiers et pourrait être en train de se préparer à d’éventuelles turbulences économiques, a-t-il ajouté.

Bien que « prévisible », la nouvelle est « étonnante », selon Yan Cimon, directeur du Centre interuniversitaire de recherche sur les réseaux d’entreprise, la logistique et le transport (CIRRELT) à l’Université Laval.

« En 2016, GM s’était engagée à donner quelque chose à l’usine pour assurer sa pérennité. Ça ne semble pas être le cas. Mais aussi, GM est sortie de plusieurs zones géographiques, ils ont restructuré l’entreprise. Et c’était inévitable qu’une usine comme Oshawa, qui, même si on y a investi, n’est peut-être pas un morceau parfaitement compatible dans le portefeuille d’usines, vive ce genre de dilemme. Pour Oshawa, c’est un gros, gros moteur économique. »

Réaction à Washington

L’annonce des milliers de licenciements a provoqué une vive réaction chez le président américain, dont l’une des marques de commerce consiste à menacer des entreprises américaines pour les convaincre de maintenir des emplois aux États-Unis.

500 millions
C’est la somme investie il y a neuf mois pour faire de l’usine d’Oshawa la seule capable d’assembler des voitures et des camions.

« Ils ont intérêt à ouvrir une nouvelle usine là très rapidement », a dit Donald Trump en entrevue au Wall Street Journal en évoquant le cas de l’Ohio, où l’usine touchée fabrique le modèle Cruze de Chevrolet. Il dit avoir discuté de la situation avec la p.-d.g. de GM, Mary Barra. « J’adore l’Ohio. Je leur ai dit : “ Vous êtes en train de tester la mauvaise personne. ” »

À Oshawa

Des employés de General Motors sous le choc sont rentrés chez eux par un temps froid et pluvieux, lundi, après avoir appris que leur usine mettrait la clé sous la porte d’ici la fin de l’année prochaine.

Pendant que ces travailleurs et leurs proches digéraient la nouvelle, la perte imminente de plus de 2500 emplois était sur toutes les lèvres.

« On n’a plus de gagne-pain. Nous sommes tous dans le vide maintenant, a dit Joanna Stojkovic, dont l’époux travaille à l’usine. C’est un coup dur pour toute la région de Durham. GM est là depuis longtemps. »

La rumeur de la fermeture avait commencé à circuler dimanche soir, prenant de court les travailleurs et les autorités municipales.

Autrefois surnommée la capitale automobile du Canada, Oshawa a diversifié son économie au cours des dernières années pour devenir une plaque tournante en matière de sciences de l’éducation et de la santé.

En tant que ville hôte du siège social de GM Canada, ses liens avec l’industrie automobile remontent à plus d’un siècle et ses usines ont longtemps été un pilier de l’économie régionale.

Avec La Presse canadienne

 

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