Des employés du constructeur canadien Bombardier dans l'usine de Crespin, dans le nord de la France, en mars 2010. © FRANCOIS LO PRESTI / AFP PHOTO / FRANCOIS LO PRESTI

Responsable de l'Afrique chez le constructeur canadien Bombardier, Pier Prina Mello explique pourquoi il croit fort dans le continent quant au développement de l'industrie ferroviaire.

Le Point Afrique : comment se définit la stratégie de Bombardier au Maroc et plus globalement en Afrique ?

Pier Prina Mello : Bombardier réalise plus de 95 % de son chiffre d'affaires de la partie ferroviaire sur le continent européen, les zones Amérique du Nord et Asie sont également des marchés très importants que nous avons décidé de couvrir afin de répondre à une demande croissante. Concernant le continent africain, nous sommes positionnés sur des marchés où le développement démographique est en constante progression. À titre d'exemple, l'Afrique du Sud est une zone qui nous intéresse particulièrement, nous avons signé un contrat avec la société Transnet Freight Rail (TFR) en 2014 pour la livraison de locomotives électriques. Les 240 locomotives TRAXX Afrique de Bombardier font partie d'un programme de renouvellement du parc complet avec la participation de quatre fournisseurs. De plus, un établissement dédié a été créé pour accompagner nos partenaires sur cette zone à fort potentiel. Par ailleurs, nous avons également un projet en cours en Éthiopie pour un système de signalisation. En Algérie, quatre projets de systèmes de signalisation sont en cours de réalisation, ainsi qu'au Maroc avec un système de signalisation et une remise en état de 14 trains Bombardier achetés il y a une dizaine d'années par l'ONCF. Bombardier s'est engagé à mettre sur pied une industrie aéronautique de classe mondiale au Maroc en améliorant les compétences et les habiletés et en développant une chaîne d'approvisionnement locale. Nous ambitionnons à présent de développer l'Ecosystème ferrovier marocain.

Notre participation au "Rail Industry Summit", 1er sommet de l'industrie ferroviaire en Afrique, qui a eu lieu en octobre dernier au Maroc, une  initiative du centre de promotion Maroc Export, organisé en partenariat avec le Groupement des industries ferroviaires (GIFER), est un signal très fort afin de  "fédérer et représenter la filière ferroviaire au Maroc" pour servir de hub vers l'Europe et l'Afrique. Notre stratégie au Maroc a pour vocation une  pénétration du marché africain. Nous prévoyons de nous tourner vers l'export afin de saisir les opportunités gigantesques que représentent ces marchés. Le Maroc offre des appuis et des garanties avantageuses pour les entreprises désireuses de s'y installer.

Quel est votre positionnement par rapport à vos principaux concurrents sur le continent africain ?

Aujourd'hui, nous possédons une expertise dans le secteur du ferroviaire reconnue au niveau international, nos produits sont techniquement très avancés. Prenez « le Mono-Rail », un système de transport urbain adapté aux grandes villes, celui-ci à l'avantage de supporter un trafic urbain important. Le métro reste très coûteux et nécessite des travaux plus conséquents, il faut creuser et trouver de l'eau et de la roche pour pouvoir construire des tunnels. Avec le « Mono-Rail » les poutres permettent de gagner de l'espace en y intégrant un dispositif surélevé, léger, esthétique et moins coûteux. Nous avons déjà testé cette innovation au Brésil à São Paulo, celui-ci possède les mêmes capacités en terme de transport et n'interfère pas avec le transport des voitures ou des motos. C'est un exemple de produit qui nous différencie de nos concurrents. Notre approche localisation est également un élément de différenciation. Nous nous installons dans les pays où nous avons des marchés en expansion, tels que l'Afrique du Sud, l'Inde, le Brésil, l'Australie. Nous avons installé des usines locales, au Brésil, où nous avons une usine de Mono-Rail que nous exportons vers l'Arabie saoudite. Bombardier a une approche propre qui nous différencie de nos concurrents plus ancrés à leur pays d'origine. Siemens est lié à l'Allemagne, Alstom est lié à la France, notre politique se base sur une ouverture à l'international avec des process plus flexibles et une capacité d'adaptation au changement quel que soit le marché visé.

Quelle est la part d'investissement et le chiffre d'affaires de Bombardier sur le continent  ?

Concernant le transport ferroviaire en Afrique, le Chiffre d'affaires de Bombardier représente 5 % . Nous pensons que l'Afrique est le continent d'avenir. Nous souhaitons faire partie des acteurs prêts à répondre aux exigences des pays africains. Dans les grandes villes, il y a une grande concentration de la population. C'est le cas des villes telles que Lagos, Nairobi, Johannesburg explosent, avec des besoins de moyens de  transport importants. En Éthiopie, à Adis Abeba, le gouvernement vient de développer le Tram dans une ville fortement peuplée pour répondre aux besoins de la population. Nous sommes optimistes quant au développement incontournable du continent. L'Afrique a des exigences, cherche des solutions auxquelles personne n'a encore répondu. Et les gouvernements africains sont de plus en plus conscients que développer leurs infrastructures est une condition sine qua non pour assurer une croissance durable. Par ailleurs, la problématique du climat est une question fondamentale sur laquelle les pays concernés devront rapidement se pencher afin de réduire la pollution dans des villes de plus en plus surchargées.

Quels sont les marchés visés par Bombardier en Afrique à court et moyen terme ?

Nous sommes très concentrés sur les marchés d'Afrique du Nord, le Maroc, l'Algérie, et la Tunisie, qui ont des projets de développement de leurs infrastructures ferroviaires. Nous avons travaillé en étroite collaboration avec ces pays du Maghreb afin de leur offrir des produits sur mesure et les accompagner dans cette transformation. Nous avons des modèles différents que nous adaptons en fonction de la zone sur laquelle nous souhaitons nous implanter. Au Maroc, nous avons signé un contrat avec l'ONCF pour 120 trains. Nous avons également pour objectif d'assurer une liaison avec les grandes villes marocaines par le voie du Tram, ce sont des projets porteurs, qui nous conforte dans notre volonté de poursuivre notre implantation au Maroc. Nous avons également annoncé il y a quelques jours la mise en place d'un cluster industriel ferroviaire au Maroc visant à servir le marché marocain et renforcer l'export vers l'Afrique. Ce nouveau cluster ambitionne de stimuler l'écosystème local pour servir non seulement le marché marocain, mais aussi le développement des opportunités d'affaires en Afrique. Le continent africain fait face à d'importants enjeux de mobilité pour accompagner son urbanisation croissante et faciliter le développement économique des villes clés. Le Maroc est l'endroit logique pour installer notre plateforme stratégique industrielle africaine. Ce pays est déjà en avance grâce à des projets d'investissement solides en matière d'infrastructure ferroviaire, de matériel roulant pour les chemins de fer et de réseaux urbains.

Quels sont les risques que vous avez identifiés sur le continent africain ?

La seule menace sur l'Afrique est la concurrence ! Mais cela fait partie du jeu, toute concurrence est saine si elle est opérée dans de bonnes conditions. Il est nécessaire d'accepter les règles, si celles-ci sont équitables, nous sommes disposés à nous y plier. La concurrence permet le développement de l'industrie

https://www.youtube.com/watch?v=hggTN8sU4lA

Avec le Point Afrique

 

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